Affaire Grégory : La validité de la garde à vue de Murielle Bolle en 1984 débattue ce mercredi

COUR D'APPEL C’est la cour d’appel de Paris qui va débattre de la validité de la garde à vue, à huis clos, la décision devrait être mise en délibéré

20 Minutes avec AFP

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Murielle Bolle, ici lors du procès de Jean-Marie Villemin en 1993. (archives)
Murielle Bolle, ici lors du procès de Jean-Marie Villemin en 1993. (archives) — CHESNOT/SIPA

La Cour d’appel de Paris doit se pencher mercredi sur la validité de la garde à vue de Murielle Bolle en 1984 dans l’affaire Grégory, qui pourrait être annulée, avec des conséquences en cascades sur l’ensemble de l’enquête sur la mort du petit garçon. Le débat se tiendra à huis clos devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris, à qui la Cour de cassation a en février renvoyé cette partie du dossier. La décision sera mise en délibéré.

Placée en garde à vue début novembre 1984, Murielle Bolle, âgée alors de 15 ans, avait accusé son beau-frère Bernard Laroche d’avoir kidnappé en sa présence Grégory Villemin, 4 ans, retrouvé mort quinze jours plus tôt dans les eaux de la Vologne, pieds et mains attachés. L’adolescente s’était ensuite rétractée en assurant avoir tenu ces propos sous la contrainte des gendarmes. Elle n’a depuis cessé de clamer l’innocence de Bernard Laroche, abattu par le père du « petit Grégory », Jean-Marie Villemin, en 1985.

Le dossier fragilisé ?

Saisie par Murielle Bolle, la Cour de cassation a reconnu le 19 février que la garde à vue de l’adolescente avait été effectuée en application de dispositions « inconstitutionnelles », la loi ne prévoyant alors ni présence d’un avocat, ni notification du droit de se taire, et a renvoyé ce volet devant la cour d’appel de Paris. Cet arrêt est venu entériner une décision du Conseil constitutionnel ayant censuré plusieurs dispositions de l’ordonnance de 1945 sur « l’enfance délinquante ».

Si la chambre de l’instruction décidait d’annuler la garde à vue de Murielle Bolle, c’est l’ensemble de l’enquête sur l’affaire Gregory qui pourrait être fragilisée, plusieurs actes de procédures basés sur ses déclarations étant susceptibles d’être également invalidés. La défense de Murielle Bolle demande ainsi l’annulation partielle ou totale de 198 actes ou passages d’actes contenus dans le dossier.

L’affaire Grégory, considérée comme l’un des dossiers les plus énigmatiques de l’histoire criminelle en France, a été relancée en juin 2017 quand le grand-oncle et la grande-tante de l’enfant – les époux Jacob qui n’avaient jamais été inquiétés auparavant – et Murielle Bolle ont été mis en examen. Ces mises en examen ont depuis été annulées pour des raisons de procédure.