Attentat manqué de Villejuif : Les juges ordonnent un procès aux assises pour le tueur d’Aurélie Châtelain

ENQUETE Sid Ahmed Ghlam est poursuivi pour « assassinat et tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle »

20 Minutes avec AFP

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Capture d'écran de la photo de Sid Ahmed Ghlam, récupérée par BFM TV-RM
Capture d'écran de la photo de Sid Ahmed Ghlam, récupérée par BFM TV-RM — BFM TV/RMC

Sid Ahmed Ghlam, accusé d’avoir tué une jeune femme de 32 ans en 2015 à proximité d’une église de Villejuif (Val-de-Marne), où il projetait un attentat, a été renvoyé devant une cour d’assises par les juges d’instruction antiterroristes, ont annoncé des sources concordantes, ce jeudi.

Neuf autres protagonistes, dont deux sont présumés morts en zone irako-syrienne, seront jugés aux côtés de Sid Ahmed Ghlam lors de ce procès, qui devrait avoir lieu d’ici à fin 2020, ont précisé ces sources.

Une attaque contre une église planifiée

Dans leur ordonnance, les trois juges d’instruction chargés de cette enquête ordonnent le renvoi de Sid Ahmed Ghlam notamment pour « assassinat et tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste », « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». Il est accusé d’avoir voulu attaquer le 19 avril 2015 une église de Villejuif, au sud de Paris, à l’heure de la messe dominicale.

Cet étudiant algérien alors âgé de 23 ans aurait renoncé à son projet et appelé les secours car il s’était tiré par accident une balle dans la jambe après avoir tué Aurélie Châtelain, professeure de fitness croisée sur le parking où il préparait son assaut. La famille d’Aurélie Châtelain « attend le procès avec impatience. Ce sera une nouvelle page douloureuse mais il faut en passer par là », a déclaré Me Antoine Casubolo-Ferro, avocat de la famille de la jeune femme. «  Ils aimeraient savoir pour quelle raison il a tué Aurélie », a-t-il ajouté.

Des échanges avec deux donneurs d’ordre de Daesh

Sid Ahmed Ghlam nie ce meurtre, assurant que la jeune femme a été tuée accidentellement par un mystérieux complice dont il est le seul à évoquer l’existence. Il affirme aussi s’être volontairement ravisé et mutilé pour empêcher l’attentat. « Nous établirons que Sid Ahmed Ghlam n’est pas à l’origine de la mort de Mme Aurélie Châtelain et qu’il a tout fait pour éviter un massacre dans l’église de Villejuif », ont réagi ses avocats, Me Gilles-Jean et Jean-Hubert Portejoie.

Au cours de l’enquête, Sid Ahmed Ghlam a toutefois reconnu avoir été téléguidé par le groupe Etat islamique (EI) : les policiers avaient rapidement décrypté ses échanges avec deux donneurs d’ordre de l’EI, « Abou Moutana » et « Amirouche », qui lui donnaient pour instruction de trouver « une bonne église avec du monde ».

Deux autres personnes dans le box des accusés

Les enquêteurs pensent que derrière ces noms se cachent deux vétérans du djihad, visés depuis deux ans par des mandats d’arrêt : Abdelnasser Benyoucef, entraîné par Al-Qaïda en Afghanistan et lié au Groupe islamiste des combattants marocains (GICM), et Samir Nouad, considéré comme l’un des donneurs d’ordre d’Abdelhamid Abaaoud, le coordinateur des attentats du 13 novembre 2015.

Les magistrats instructeurs ont décidé de renvoyer ces deux hommes, même s’ils sont présumés morts en zone irako-syrienne, pour « complicité d’assassinat et de tentative d’assassinat » par instructions et « association de malfaiteurs criminelle ». Deux autres personnes comparaîtront bien pour leur part dans le box des accusés pour « complicité d’assassinat et de tentative d’assassinat », cette fois-ci pour avoir fourni l’arme du crime.