Mantes-la-Jolie: Jusqu'à trois ans de prison pour les jeunes ayant participé à un guet-apens contre la police

JUSTICE Quatre jeunes âgés de 18 à 21 ans, dont un éborgné par un tir de LBD, comparaissaient pour leur participation à des violences au Val Fourré il y a six semaines

20 Minutes avec AFP

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Le quartier du Val Fourré, à Mantes-la-Jolie (Yvelines)
Le quartier du Val Fourré, à Mantes-la-Jolie (Yvelines) — MIGUEL MEDINA / AFP

Quatre jeunes accusés d’avoir participé à un guet-apens visant la police à Mantes-la-Jolie, dont l’un a été éborgné par un tir de LBD, ont été condamnés mercredi à des peines allant de 18 mois à trois ans de prison ferme.

Le 24 octobre, plusieurs dizaines de jeunes cagoulés et gantés s’en étaient pris à des policiers, attirés au coeur du quartier sensible du Val Fourré par un feu de voiture. Les forces de l’ordre avaient reçu une pluie de projectiles et des tirs de mortiers d’artifice installés sur des trépieds. Plusieurs policiers, dont l’un a été blessé, ont décrit à la barre un niveau de violence jamais vu pendant leur carrière. « Franchement, c’était impressionnant, on se serait cru à un 14-juillet mais tiré au sol, sur les collègues », a raconté l’un des vingt policiers partie civile.

« Je comprends pas ce que je fais en prison »

Dans le box des prévenus, les quatre jeunes âgés de 18 à 21 ans, dont un a perdu un oeil et un autre a été blessé aux testicules par un tir de LBD, ont clamé leur innocence. Amadou N., pansement à l’oeil droit, a raconté avoir simplement voulu rentrer chez lui le soir des faits après une soirée dans un bar à chicha. « J’ai vu qu’il y avait du monde, a-t-il expliqué, j’ai dit bonjour aux personnes que je connaissais, c’est à ce moment-là qu’il y a eu du chahut et je me suis dit qu’il fallait que je m’en aille ».

C’est en se retournant pour regarder qu’il dit avoir été frappé à l’oeil par un projectile. « Je comprends pas ce que je fais en prison », a répété le jeune homme, sans antécédent judiciaire. En l’absence d’éléments matériels, les débats ont porté sur la précision des tirs de LBD. « Dans ces scènes de chaos et de stress pour les policiers, une erreur d’appréciation dans le tir peut toujours arriver, a témoigné le commissaire de Mantes-la-Jolie Arnaud Verhille. En revanche, l’intention première est de viser un individu auteur de violence ».

« Vous étiez dans le groupe d’assaillants »

Olivier Combes, l’un des avocats des prévenus, a tenté de démontrer le manque de fiabilité du LBD qui, à longue distance, perd en précision mais conserve « une énergie suffisante pour provoquer des blessures ». « Le fait que vous ayez été blessés démontre que vous étiez dans le groupe d’assaillants », a insisté la présidente Pascale Humbert-Massa au moment du délibéré.

Amadou N. a été condamné à trois ans de prison dont six mois avec sursis, comme son coprévenu blessé aux testicules. Un autre a écopé de trois ans ferme et un quatrième à deux ans dont six mois avec sursis.