Marseille : Le McDo de Saint-Barthélémy va être placé en liquidation judiciaire après un long combat

LIQUIDATION JUDICIAIRE Selon l’avocat des salariés de McDonald’s Saint-Barthélemy, à Marseille, le restaurant va être placé en redressement judiciaire lors du délibéré qui doit être rendu jeudi

20 Minutes avec AFP
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Les salariés de McDonald's devant le tribunal de Marseille.
Les salariés de McDonald's devant le tribunal de Marseille. — Christophe Simon / AFP
  • Le McDonald’s de Saint-Barthélemy, à Marseille, au cœur d’un conflit entre la direction et ses salariés, va être placé en liquidation judiciaire jeudi, selon l’avocat des salariés.
  • Selon Ralph Blindauer, l’avocat des salariés, la direction du fast-food avait pour objectif son placement en liquidation judiciaire pour se débarrasser de Kamel Guemari, un syndicaliste au cœur du conflit.

Le McDonald's marseillais du quartier populaire de Saint-Barthélémy, au cœur depuis 18 mois d’un combat acharné de ses employés pour sauver leurs emplois, sera placé en liquidation judiciaire jeudi par le tribunal​ de commerce de Marseille, a annoncé mercredi l’avocat des salariés.

Le tribunal a mis sa décision en délibéré à jeudi 12h, mais « la liquidation est inéluctable », a expliqué Me Ralph Blindauer, leur avocat, à quelques salariés réunis depuis 8h30 dans le froid, devant le tribunal, pour attendre le verdict. Parmi eux, Olga qui retient ses larmes, employée depuis l’ouverture en 1992, en grande pompe, de ce fast-food, dans un quartier très défavorisé en la présence du ministre du Travail de l’époque Martine Aubry.

« La justice commerciale a été instrumentalisée »

Placé en redressement judiciaire le 13 novembre, six semaines à peine après le début de la période de sauvegarde, ce restaurant détenu à 50-50 par un franchisé et par McDonald’s France n’a fait l’objet d’aucune offre de reprise. « McDo France a torpillé toutes les solutions de redressement », a de nouveau accusé mercredi Ralph Blindauer auprès de l’AFP.

Pour lui, la liquidation judiciaire était en fait l’objectif recherché par le géant mondial du fast-foot depuis le début, le 7 mai 2018, quand le dirigeant Jean-Pierre Brochiero a annoncé au comité d’entreprise sa volonté de vendre les six McDonald’s marseillais dont il était alors le franchisé. Pour l’avocat, McDonald’s « a fait faire le sale boulot par le tribunal, la justice commerciale a été instrumentalisée. Tout ça pour raser ce "village gaulois" qui dérange, dans un monde McDo où les représentants syndicaux s’achètent ou se jettent ».

Un syndicaliste au milieu du conflit

Car à « Saint-Barth », dans le 14e arrondissement, dans les quartiers nord de Marseille, il y a Kamel Guemari, délégué du personnel FO, arrivé dans ce fast-food en 1998, à 16 ans, et désormais sous-directeur : « C’est lui la raison de tout ça, c’est pour se débarrasser de lui qu’aujourd’hui McDo est prêt à abandonner deux millions d’euros de passif le cœur léger », insiste Me Blindauer.

Mais pour Jean-Pierre Brochiero, qui avait cédé cinq de ses « McDo » à un autre franchisé, en septembre 2018, le problème du restaurant de Saint-Barthélémy serait ailleurs. Ce fast-food serait impossible à rentabiliser assurait-il au printemps 2019, en mettant en avant les 992.000 euros de pertes en 2018, après 3,3 millions d’euros perdus depuis 2009.