Dordogne : Six mois de prison avec sursis requis contre l’institutrice d’une enfant défenestrée par son camarade

PROCES Une enseignante est jugée à Angoulême pour l'« homicide involontaire » d’une écolière trisomique de 8 ans

20 Minutes avec AFP

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Dordogne : Six mois de prison avec sursis requis contre l’institutrice d’une enfant défenestrée par son camarade (Illustration)
Dordogne : Six mois de prison avec sursis requis contre l’institutrice d’une enfant défenestrée par son camarade (Illustration) — Clément Follain / 20 Minutes

Six mois de prison avec sursis ont été requis mardi à Angoulême à l’encontre d’une enseignante jugée pour l'« homicide involontaire » d’une écolière trisomique de 8 ans défenestrée par son camarade « psychotique » en 2015 à Périgueux alors qu’elle se trouvait sous sa responsabilité.

Le tribunal correctionnel rendra son jugement le 2 janvier, presque cinq ans jour pour jour après la mort le 9 janvier 2015 de la petite Laly, poussée d’une fenêtre de son école par un camarade du même âge, identifié pour ses troubles du comportement. L’expertise menée durant l’enquête révélera une personnalité « psychotique ».

Une chute de cinq mètres

Les faits étaient survenus à Périgueux mais l’enquête avait été dépaysée à Angoulême, les parents adoptifs de la victime étant employés par l’administration judiciaire de Dordogne.

La chute de la fillette, d’une hauteur de cinq mètres, s’était produite dans une classe pour l’inclusion scolaire (CLIS) de son établissement, l’école privée du Sacré-Coeur accueillant des enfants atteints de handicaps psychomoteurs et/ou de troubles du comportement.

L’enseignante « ne voyait ni entendant ce qui se passait dans la salle de jeux »

Le drame avait débouché sur la mise en examen de la directrice de l’école, Elisabeth Jaccard, et de la référente de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) chargée du suivi du garçon, mais seule la première a été renvoyée devant la justice.

Elle « ne voyait ni entendait ce qui se passait dans la salle de jeux (…), c’est une faute. Elle connaissait la dangerosité du garçon qui pouvait se montrer violent », a estimé la procureure Sophie O’Hana, tout en soulignant qu’elle est « une des rares (…) à reconnaître ses responsabilités ».

Tout bascule en « trois à cinq minutes »

« Je me reprocherais toute ma vie ce qui s’est passé », a déclaré à la barre cette femme de 49 ans, en pleurs, à l’évocation des « trois à cinq minutes » où tout a basculé. « Jamais », elle n’aurait dû laisser « seules » sans surveillance Laly et une camarade avec cet écolier qu’elle savait difficile, a-t-elle admis. Mais « jamais », elle n’aurait inscrit le garçon si elle avait « été mise au courant » de ses « antécédents » : en 2013, il avait déjà poussé du premier étage, une fillette de 2 ans, la blessant légèrement.

Placé depuis ses 2 ans et demi, évoluant dans un lourd contexte familial – le père a été condamné à quatre ans ferme pour l’avoir agressé sexuellement, le garçon était suivi par les services sociaux. En 2014, ils mettaient en garde contre d'« autres passages à l’acte », une information non parvenue jusqu’à l’école.

L’avocat de la prévenue, Me Lionel Béthune de Moro, a accusé les services sociaux chargés d’encadrer le garçon de s’être réfugiés « derrière le secret professionnel ». Il a demandé la relaxe pour sa cliente, écartant toute faute caractérisée

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