Procès de l’attaque de militaires à Nice : Un soldat raconte « la rage » et l’envie de « tuer » de l’assaillant

ASSISES SPECIALES « S’il se débattait comme ça, c’est qu’il avait un sentiment de regret, de ne pas avoir fini son affaire », a expliqué un brigadier

20 Minutes avec AFP

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Moussa Coulibaly (3è sur la gauche) sort le 5 février 2015 des bureaux de la police de Nice pour être transféré à Paris
Moussa Coulibaly (3è sur la gauche) sort le 5 février 2015 des bureaux de la police de Nice pour être transféré à Paris — Valery Hache AFP

Il est venu témoigner de la volonté de « tuer » de l’accusé. L’un des trois soldats attaqués au couteau par un délinquant radicalisé à Nice en 2015 a raconté mardi aux assises de Paris « la rage » deMoussa Coulibaly et le croche-pied qui a permis de le « maîtriser ».

Le vendredi 3 février 2015, un peu moins d’un mois après les attentats djihadistes de Charlie Hebdo, de Montrouge et de l’Hyper Cacher, il avait agressé une faction de l’opération « Sentinelle » près d’un centre communautaire juif.

« J’ai cru qu’il était fou »

« Je lui ai fait une balayette, il a chuté. Au sol, il se débattait en me donnant des coups, il essayait de prendre mon Famas. Il avait la rage, a décrit le brigadier de 24 ans Hervé, le seul des trois militaires à assister au procès. J’ai cru qu’il était fou. Il avait les larmes aux yeux, les yeux tout rouges, mais il ne disait rien. S’il se débattait comme ça, c’est qu’il avait un sentiment de regret, de ne pas avoir fini son affaire. »

Parce qu’il faisait « des cauchemars », Hervé ne fait « plus de missions extérieures » depuis 2017. Dans leurs auditions peu après les faits et lues par la cour mardi, les deux autres militaires blessés ont déclaré être « aux aguets » depuis l’attaque et avoir la certitude d’être « passés à côté de la mort ». Moussa Coulibaly, 35 ans, encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le verdict est attendu jeudi.