Dordogne : En appel, la justice confirme sa demande de démolition des premiers travaux de la déviation de Beynac

JUSTICE Ce mardi, la cour administrative d’appel de Bordeaux a ordonné, comme en première instance, la démolition des piles déjà construites pour la déviation périgourdine

E.P. avec AFP

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La justice vient d'ordonner la démolition du chantier de la déviation de Beynac, en Dordogne. Photo by THIBAUD MORITZ / AFP)
La justice vient d'ordonner la démolition du chantier de la déviation de Beynac, en Dordogne. Photo by THIBAUD MORITZ / AFP) — AFP
  • La cour administrative d’appel de Bordeaux confirme ce mardi la décision du tribunal administratif, demandant la destruction des piles déjà construites et la remise en état du site.
  • Elle estime que « le projet ne saurait être regardé comme répondant à une raison impérative d’intérêt public présentant un caractère majeur ».
  • Le département, porteur du projet de déviation, a annoncé qu’il allait se pourvoir en cassation dans les prochaines semaines.

C’est une nouvelle victoire pour les opposants à la déviation routière de Beynac, un des plus beaux villages de France situé en Dordogne. La cour administrative d’appel de Bordeaux a ordonné ce mardi la démolition des premiers travaux engagés sur le site.

La cour a ainsi confirmé le jugement en premier instance qui annulait ce projet de rocade de 3,2 km, d’un coût de 32 millions d’euros, porté par le conseil départemental de Dordogne et contesté par les écologistes et les défenseurs de l’environnement. 

La cour « enjoint » le département « d’engager le processus de démolition » des premiers éléments construits (notamment deux piles de pont) « dans un délai d’un mois » à partir la notification de l’arrêt et de « procéder à l’ensemble des opérations de démolition » ainsi qu’à la « remise en état des lieux dans un délai global de douze mois ». Elle n’a toutefois pas assorti l’injonction d’astreinte financière.

Un pourvoi en cassation annoncé

L’avocat du département, Me Xavier Heymans, a indiqué qu’un pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat serait formé « dans les semaines qui viennent », ainsi qu’un sursis à exécution concernant la démolition.

« Après 30 ans de combat, c’est une victoire que nous accueillons avec soulagement, mais que de temps perdu, que de procédures pour faire primer le Droit et le bon sens ! », a réagi Philippe d’Eaubonne, président de l’Association de sauvegarde de la Vallée de la Dordogne, l’un des principaux opposants.

Comme le tribunal administratif de Bordeaux, avant elle, la Cour d’appel de Bordeaux a jugé que « le projet ne saurait être regardé comme répondant à une raison impérative d’intérêt public présentant un caractère majeur ».

Une saga de plus de 30 ans

La décision de mardi ponctue une saga de plus de 30 ans mêlant infrastructures, sécurité routière, patrimoine et environnement, partisans et opposants du contournement se renvoyant les arguments après des années d’étude d’impact, enquête publique et de procédure.

D’un côté sécurité, fluidité du trafic, nuisance sonore, pollution. Et de l’autre la destruction, dans un site classé Natura 2000 et « réserve de biosphère » d’habitats de plus de 120 espèces dont des protégées, chiroptères, mammifères semi-aquatiques, reptiles ou amphibiens. Sans compter l’impact visuel sur un site hors pair, une vallée parsemée de châteaux.