Accident de train à Saint-Médard-sur-Ille: La SNCF et un chauffeur routier condamnés en appel

JUSTICE La cour d'appel de Rennes a rendu son délibéré ce mardi matin, huit ans après l'accident qui avait fait trois morts et des dizaines de blessés. 

J. G. et C. A.

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La collision entre un TER et un camion avait fait trois morts et 61 blessés le 12 octobre 2011 à Saint-Médard-sur-Ille près de Rennes.
La collision entre un TER et un camion avait fait trois morts et 61 blessés le 12 octobre 2011 à Saint-Médard-sur-Ille près de Rennes. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • SNCF Réseau et SNCF Mobilités ont vu leurs peines d’amende de 300.000 euros chacune être confirmées par la cour d’appel de Rennes.
  • Les deux entités sont reconnues coupables de « manquements graves » après un accident de train qui avait fait trois morts et une soixantaine de blessés en 2011 à Saint-Médard-sur-Ille.
  • Le chauffeur de poids lourd qui s’était immobilisé au milieu des voies a également vu sa peine de trois ans de prison avec sursis être confirmée.

Trois morts, une soixantaine de blessés et huit ans de procédure judiciaire. Mardi matin, la cour d’appel de Rennes a rendu son délibéré dans l’affaire de l'accident de train à Saint-Médard-sur-Ille (Ille-et-Vilaine). Le 12 octobre 2011, un TER avait percuté un poids lourd immobilisé au milieu du passage à niveau numéro 11. Trois passagers du train étaient décédés et des dizaines avaient été blessés.

Déjà condamné en première instance, le chauffeur du camion a vu sa sanction confirmée et écope de trois ans de prison avec sursis. Quant à la SNCF, elle a également été reconnue coupable et condamnée à 600.000 euros d'amende pour ses deux entités (SNCF Réseau et SNCF Mobilités). Elle devra également indemniser les familles des victimes pour le «préjudice exceptionnel de mort imminente» et le «préjudice d'angoisse, d'attente et d'inquiétude». 

Lors du procès en première instance, SNCF Mobilités et SNCF Réseau (ex RFF) avaient été reconnues coupables de «manquements graves», notamment en raison de la dangerosité avérée du passage à niveau. Les deux sociétés ferroviaires avaient écopé de 300.000 euros d’amende chacune mais avaient fait appel de leur condamnation. Une décision qui avait provoqué « un sentiment d’injustice » chez les familles des victimes, contraintes de vivre un second procès.

«Je n’ai pas vu les feux rouges clignotants»

Le chauffeur du poids lourd avait également été condamné à trois ans de prison avec sursis pour avoir immobilisé son camion au milieu des voies. « Je n’ai pas vu les feux rouges clignotants, ni entendu le signal sonore. Pourquoi ? Je n’ai pas d’explication », avait-il expliqué devant le tribunal de grande instance. Cet homme âgé de 42 ans avait présenté ses excuses aux victimes et à leurs familles. « Je porte la responsabilité de l’accident. Mais je ne suis qu’un maillon de la chaîne », avait-il déclaré, accusant la SNCF de manquements. Cette dernière, qui a refusé de s’exprimer à l’issue du délibéré, a cinq jours pour se pourvoir en cassation.

Réputé dangereux, le passage à niveau numéro 11 avait déjà connu trois graves accidents avant celui de 2011. Suffisant pour alerter les autorités et demander des aménagements. Mais rien ne sera fait. En première instance, le tribunal avait estimé que la SNCF et RFF « n’ont rien entrepris en dépit de la dangerosité avérée » accablant les deux entreprises qui avaient « conscience de la nécessité d’agir ». Des « manquements graves » d’autant plus après le drame d’Allinges.