Affaire Élodie Kulik : Willy Bardon, « réveillé », fait appel de sa condamnation

HOSPITALISATION A l’annonce du verdict le condamnant à trente ans de prison, Willy Bardon a tenté de mettre fin à ses jours en avalant un pesticide

V.V et 20 Minutes avec AFP

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Willy Bardon, l'accusé, à gauche.
Willy Bardon, l'accusé, à gauche. — DENIS CHARLET / AFP

Trois jours après avoir avalé un pesticide après l’annonce de sa condamnation à 30 ans de réclusion criminelle dans l’affaire Kulik, Willy Bardon est réveillé et son pronostic vital n’est plus engagé, a confirmé Stéphane Daquo, son avocat, à 20 Minutes après une information du procureur d’Amiens.

« Il est désormais réveillé et son état de santé n’inspire plus d’inquiétude aux médecins, qui n’ont par ailleurs pas détecté l’existence de séquelles », a déclaré Alexandre de Bosschère, procureur d’Amiens. « Il semble aller mieux. Sa compagne a eu l’autorisation de lui rendre visite ce lundi matin. Je vais aller le voir dans l’après-midi en ce qui me concerne », a ajouté son avocat.

L’avocat fait appel du verdict

« Nous avons fait appel » du verdict prononcé par la cour d’assises de la Somme, a indiqué ce lundi soir Stéphane Daquo, l’un de ses avocats, confirmant une information du Courrier Picard. L’avocat entend également demander, avant le 24 décembre, le « dépaysement du dossier » hors de la Picardie.

« Je ne comprends pas les éléments (…) qui ont emmené à condamner cet homme », avait déjà réagi l’avocat vendredi soir, estimant qu’en Picardie, où l’affaire a été très médiatisée depuis le meurtre de la jeune directrice d’agence bancaire, « l’émotion a pris le pas sur le reste et n’a pas permis un jugement serein ».

Une enquête pour déterminer les circonstances de son geste

Condamné vendredi soir à 30 ans de réclusion criminelle pour l’enlèvement, la séquestration suivis de mort et le viol d’Elodie Kulik en janvier 2002 près de Tertry (Somme), Willy Bardon avait immédiatement tenté de mettre fin à ses jours, ingurgitant dans la salle d’audience un cachet de Temik. La commercialisation de ce pesticide très dangereux, « qui a des effets à la fois sur le système nerveux et le système cardiovasculaire », est « extrêmement réglementée en France et en Europe » selon le procureur. Juste avant le prononcé du verdict vendredi, la police avait installé Willy Bardon dans le box des accusés et réalisé par précaution « une fouille très minutieuse », visant à « retrouver d’éventuels objets dangereux ».

Mais ils n’avaient « malheureusement pas vu » ce produit « de très petite taille », selon Alexandre de Bosschère, qui précise que « légalement la fouille n’est pas un acte obligatoire » quand l’accusé comparaît libre, ce qui était le cas de Willy Bardon. Une enquête ouverte par le parquet doit notamment déterminer comment Willy Bardon s’en est procuré et « si c’est un acte qui avait été prémédité, organisé et de quelle manière ». Selon son avocat, les enquêteurs souhaiteraient d’ailleurs l’auditionner rapidement. « On doit en discuter. Mais il est innocent et je défends ses intérêts donc je pense que nous allons faire appel de ce verdict », a également confié Stéphane Daquo, l’avocat de l’homme de 45 ans, toujours « hospitalisé » ce lundi.