Soupçons d’emplois fictifs au MoDem : Bayrou mis en examen pour complicité de détournement de fonds publics

ENQUETE

L.Gam. avec AFP

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Pau's mayor Francois Bayrou delivers a speech at La Republique En Marche territories campus (campus des territoires de La Republique en marche) in Bordeaux.//AMEZUGO_DSC_5592/1909081748/Credit:AMEZ / ROBERT/SIPA/1909081753
Pau's mayor Francois Bayrou delivers a speech at La Republique En Marche territories campus (campus des territoires de La Republique en marche) in Bordeaux.//AMEZUGO_DSC_5592/1909081748/Credit:AMEZ / ROBERT/SIPA/1909081753 — AMEZ / ROBERT/SIPA

François Bayrou, patron du parti centriste, était convoqué ce vendredi pour une audition avec le juge d’instruction dans l’affaire des emplois présumés fictifs. D’après une source judiciaire, le président du MoDem a été mis en examen vendredi soir pour « complicité de détournement de fonds publics ».

« Cette mise en examen, annoncée à l’avance dans les journaux, a été décidée à l’encontre de tous les éléments de preuves produits », a réagi auprès de l’AFP Me Pierre Cornut-Gentille, avocat de François Bayrou. « La suite de l’instruction démontrera qu’elle est totalement infondée ».

Deux autres partis visés par des enquêtes similaires

Une dizaine d’assistants d’eurodéputés MoDem sont soupçonnés d’avoir été rémunérés par les fonds du Parlement européen alors qu’ils effectuaient des tâches pour le parti centriste, qui les employait à temps partiel. Les juges cherchent à vérifier si ces collaborateurs ont bien accompli des missions pour les eurodéputés, ou si ce montage servait à financer frauduleusement la masse salariale du parti. Deux autres partis, le Rassemblement national et  la France insoumise, sont visés par des enquêtes similaires.

Après l’ouverture d’une enquête préliminaire en juin 2017, qui avait contraint François Bayrou à démissionner du gouvernement, en même temps que Marielle de Sarnez et Sylvie Goulard, l’affaire n’avait plus fait grand bruit… Jusqu’au mois dernier. Une douzaine de responsables du mouvement ont été mis en examen ces dernières semaines, dont l’ex-eurodéputée Sylvie Goulard, l’ancien garde des Sceaux Michel Mercier ou le directeur financier du parti Alexandre Nardella. La vice-présidente du MoDem Marielle de Sarnez, entendue mercredi, a pour sa part été mise en examen pour « détournement de fonds publics » pour le contrat d’une ancienne assistante. Pour cinq autres contrats suspects, la juge l’a placée sous le statut intermédiaire de témoin assisté.