Grasse : Une dette de poker au centre d’un procès, l’ex-mari de Pamela Anderson débouté

MAUVAISE PIOCHE Rick Salomon avait assigné un cheikh saoudien devant la chambre civile du tribunal de grande instance de Grasse pour lui réclamer le paiement de 2,5 millions d'euros

Fabien Binacchi

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Rick Salomon, résidant de Las Vegas, a déjà gagné plusieurs tournois internationaux
Rick Salomon, résidant de Las Vegas, a déjà gagné plusieurs tournois internationaux — Joe Giron

Il n’y aura pas jurisprudence cette fois-ci. La chambre civile du tribunal de grande instance de Grasse (Alpes-Maritimes) vient de débouter le joueur de poker américain Rick Salomon. L’ex-mari de Pamela Anderson avait saisi la justice française pour obtenir le paiement, selon lui, d’une dette de jeu de 2,5 millions d’euros que le cheik saoudien Raad Al-Khereiji n’avait pas honoré après une partie organisée à Théoule-sur-Mer en 2014.

La décision inverse aurait été une première en France. Me Ronald Sokol, le conseil de Rick Salomon, espérerait pouvoir bousculer la loi 1965 du Code civil, promulguée en 1804 et qui précise qu’il n’y a « aucune action pour une dette du jeu », à l’exception des jeux « qui tiennent à l’adresse et à l’exercice du corps ».

« Une décision pas surprenante en première instance »

A l’audience, le 14 octobre, l’avocat avait cherché à prouver que le poker appartient bien à cette catégorie-là. « S’il n’était qu’un jeu de hasard, pourquoi y aurait-il des tournois et des classements avec des joueurs qui gagnent beaucoup plus souvent que d’autres », avait-il plaidé. Le tribunal n’a pas suivi son raisonnement.

« C’est une décision qui n’est pas surprenante en première instance. Nous savions que ça allait être difficile, a expliqué le conseil, interrogé par 20 Minutes. Nous attendons les motivations exactes de la décision pour décider avec mon client d’interjeter appel ou non. C’est un dossier qui pourrait potentiellement aller jusqu’en cassation. »

La chambre civile du tribunal de grande instance de Grasse a également débouté le cheik qui réclamait le remboursement des frais de justice.