Affaire des kits de campagne: Le FN attendra le 24 avril pour connaître le verdict

DELIBERE Le parquet a requis une amende de 500.000 euros contre le parti et quatre ans de prison contre Frédéric Chatillon

20 Minutes avec AFP

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Le siège du Front National à Nanterre en 2012.
Le siège du Front National à Nanterre en 2012. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Ce sera donc après les élections municipales, prévues les 15 et 22 mars. Le tribunal correctionnel de Paris rendra le 24 avril son jugement dans le procès des kits de campagne électorale du FN. Sept protagonistes, parmi lesquels deux cadres du parti, et trois personnes morales, dont le FN, comparaissaient depuis le 6 novembre pour, selon les cas, escroquerie, abus de biens sociaux et de confiance, recels ou blanchiment.

Frédéric Chatillon personnage clef de l’affaire

Tous sont liés au personnage central de l’affaire, Frédéric Chatillon, patron de la société de communication Riwal et ancien président du Gud, le syndicat étudiant d’extrême droite, dans les années 1990. Ce proche conseiller de Marine Le Pen est soupçonné de s’être enrichi frauduleusement, ainsi que son entourage, grâce à d’astucieux montages. Au cœur du dossier, les « kits » de campagne des législatives de 2012 : composés de tracts, d’affiches, d’un site Internet et de prestations comptables, ils étaient vendus 16.650 euros aux candidats par Jeanne, le micro-parti de Marine Le Pen, et fournis par Riwal.

Le tribunal devra notamment dire si ce système cachait des prestations surévaluées, destinées à tromper l’Etat, qui rembourse les dépenses des candidats dépassant 5 % des voix. Jeanne prêtait en effet le montant du kit, et les intérêts, aux candidats qui lui rendaient immédiatement l’argent en achetant le matériel. Cet « aller-retour comptable » permettait à Jeanne, quasi dénué de fonds propres, d’avancer presque 9 millions d’euros. Le micro-parti attendait ensuite le remboursement de l’Etat pour obtenir de quoi payer Riwal, son unique intermédiaire auprès des imprimeurs.

Des peines d’inéligibilité requises

Mercredi, l’avocat de l’Etat, seule partie civile dans ce procès, a réclamé 11,6 millions d’euros de dommages et intérêts au FN, tandis que le parquet a requis une amende de 500.000 euros contre le parti – devenu en 2018 le Rassemblement national. Contre Frédéric Chatillon, le parquet a réclamé quatre ans de prison, dont deux avec sursis, 200.000 euros d’amende et une interdiction de gestion définitive. Il a par ailleurs requis contre le trésorier du parti frontiste Wallerand de Saint-Just et le juriste et eurodéputé Jean-François Jalkh de la prison avec sursis et réclamé leur inéligibilité.

La défense a pour sa part plaidé en bloc la relaxe, dénonçant une « manière radicale d’éliminer la concurrence de l’échiquier politique ». Me Alexandre Varaut, avocat de Frédéric Chatillon et de Riwal, a ainsi fustigé la volonté d’aboutir à « la liquidation judiciaire d’un parti d’opposition ».