Bretagne : Le naufrage du « Bugaled Breizh » entre les mains de la justice anglaise

ENQUÊTE Un procès de deux semaines s’ouvre lundi outre-Manche pour tenter de déterminer les causes exactes du naufrage qui avait fait cinq morts en 2004 au large de la Grande-Bretagne

Jérôme Gicquel

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Le Bugaled Breizh, ici en juillet 2004 lors de son retour en France après son renflouage en Angleterre.
Le Bugaled Breizh, ici en juillet 2004 lors de son retour en France après son renflouage en Angleterre. — MAISONNEUVE / SIPA
  • Cela fait plus de quinze que le chalutier breton "Bugaled Breizh" a coulé au large de l'Angleterre avec cinq marins à bord.
  • Après un non-lieu prononcé par la justice française, un procès de deux semaines s'ouvre lundi en Angleterre.
  • Le président de l'association SOS Bugaled espère que nouveaux élements seront mis en lumière lors des auditions afin que les familles des victimes « sachent enfin la vérité ».

Pourquoi le Bugaled Breizh a-t-il coulé brutalement au large des côtes britanniques le 15 janvier 2004 ? Cela fait plus de quinze ans que la question hante les familles des cinq marins bretons décédés dans le naufrage. Quinze ans d’une longue bataille judiciaire pour tenter de comprendre. Le dossier va de nouveau refaire surface à partir de lundi en Grande-Bretagne. Pendant deux semaines, un procès va se tenir à Truro en Cornouailles anglaises pour tenter d’éclaircir les circonstances de ce drame qui restent toujours inexpliquées.

Trois ans après le non-lieu prononcé par la justice française, son homologue britannique reprend donc l’affaire puisque deux des marins bretons décédés ont été retrouvés dans les eaux territoriales anglaises. Mais qu’attendre de ce procès alors que certaines familles des victimes ont jeté l’éponge ou ne veulent tout simplement plus en entendre parler, lassées par tant d’années infructueuses pour obtenir la vérité ? « Il faut profiter de ces quinze jours d’audience, ce qui n’a jamais été le cas en France, et espérer qu’un militaire anglais apporte de nouveaux éléments », indique Dominique Launay.

« Que les familles sachent la vérité »

Président de l’association SOS Bugaled, il reste convaincu que c’est un sous-marin en exercice ce jour-là qui a causé l’accident, en se prenant dans les filets du chalutier breton avant de l’envoyer au fond. « Cela ne fait plus guère de doute maintenant », assure-t-il. Cette hypothèse, comme celle de l’accident de pêche, n’a pourtant jamais « pu être vérifiée par des éléments indiscutables » selon la Cour de cassation qui avait validé en juin 2016 le non-lieu prononcé dans cette enquête, clôturant de fait le volet judiciaire en France.

Mais Dominique Launay reste persuadé que ces deux semaines d’audition pourraient accoucher d’un nouvel élément et permettre ainsi une réouverture du dossier en France. « Il faut que les familles sachent la vérité et on continuera à se battre pour cela ».