Vendée : Un psychiatre condamné à du sursis pour plusieurs agressions sexuelles

JUSTICE Le septuagénaire a écopé, jeudi, d'une peine de deux ans de prison avec sursis

J.U. avec AFP

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Un panneau indiquant la direction d'un hôpital. Illustration.
Un panneau indiquant la direction d'un hôpital. Illustration. — G. Michel / Sipa
  • Un psychiatre, radié en 2015, a été condamné ce jeudi pour cinq agressions sexuelles.
  • Il a été reconnu coupable d'avoir pratiqué des «actes décalés, inutiles à la pathologie des patients».

Un psychiatre, expert pour la justice vendéenne pendant plus de trente ans, a été condamné ce jeudi par le tribunal correctionnel de Poitiers. Le septuagénaire a écopé d’une peine de deux ans de prison avec sursis pour avoir commis cinq agressions sexuelles « par personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction », entre 2010 et 2014.

Accusé de s’être livré à des attouchements, notamment sur des enfants et adolescents, il devra aussi être inscrit au ficher des auteurs d’infractions sexuelles. Il a enfin été condamné à verser 10.000 euros d’amende et plus de 15.000 euros aux parties civiles.

Examens injustifiés

Des membres de son équipe avaient fait remonter en janvier 2014 à la direction de l’hôpital de La Roche-sur-Yon (Vendée) les curieux examens de ce docteur, radié par la suite en 2015 par son conseil de l’Ordre. Une enquête administrative avait fait état d’examens injustifiés, touchers rectaux ou vaginaux, sur des filles et des garçons hospitalisés en psychiatrie dans l’unité qu’il dirigeait.

Ainsi une jeune fille avait subi une pénétration digitale pour vérifier qu’il « ne s’agissait pas de vaginisme ». « En aucun cas, ça ne fait partie de votre mission ! », s’était indignée la présidente du tribunal. « Je suis assez méticuleux, je ne dis pas que j’ai bien fait mais il n’y avait pas d’autres moyens pour établir un diagnostic », s’était-il défendu.

Des nécessités médicales

Selon un collège d’experts, le pédopsychiatre est largement sorti de sa sphère de compétence et a pratiqué des examens intrusifs, injustifiés médicalement sur des patients souvent jeunes et vulnérables et hors sujet par rapport aux missions d’expertises confiées par la justice.

Tout au long de l’instruction, le médecin a justifié les faits par des nécessités médicales ou des demandes émanant de ses patients. La justice avait transféré le dossier à Poitiers car le médecin avait réalisé près de 10.000 expertises pour les institutions judiciaires vendéennes. Le parquet avait requis cinq ans de prison pour ces « actes décalés, inutiles à la pathologie des patients », commis par l’expert..