Projet d'« action violente » contre Emmanuel Macron : Les deux suspects arrêtés en Moselle, mis en examen et écroués

ENQUETE Les deux hommes, âgés de 30 et 45 ans, ont été arrêtés mardi en Moselle et placés en garde à vue vendredi

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron est président de la République depuis mai 2017.
Emmanuel Macron est président de la République depuis mai 2017. — Pierre MERIMEE-POOL/SIPA

Ils avaient été arrêtés mardi en Moselle et ont été présentés à un juge du parquet antiterroriste de Paris vendredi soir. Dans la foulée, les deux nouveaux suspects appartenant à un groupe hétérogène proche de l’ extrême droite identitaire ont été mis en examen et écroués.

Un an après l’arrestation de quatre personnes soupçonnées d’avoir évoqué un projet d’attaque contre Emmanuel Macron, ces deux hommes, de 30 et 45 ans ont été mis en examen vendredi après-midi pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle » et placés en détention provisoire, selon une source judiciaire. Ils sont soupçonnés d’avoir « pris part à des réunions au cours desquelles étaient évoqués des projets d’action violente, notamment contre le président de la République ».

Une page Facebook identitaire baptisée « Les Barjols »

Leur implication est apparue dans le cadre des investigations menées depuis un an sur l’un des protagonistes de l’affaire, au domicile duquel plusieurs suspects avaient été arrêtés le 6 novembre 2018.

Ce jour-là, six sympathisants de l’extrême droite radicale, qui s’étaient pour la plupart connus via une page Facebook identitaire baptisée « Les Barjols », avaient été interpellés. Au bout du compte, quatre d’entre eux avaient été mis en examen et deux sont toujours en détention provisoire.

Les enquêteurs s’étaient décidés à intervenir après avoir eu vent du déplacement de Jean-Pierre Bouyer, un retraité isérois et principal suspect, chez l’un des protagonistes en Moselle. Le chef de l’Etat était alors présent dans la région dans le cadre de son périple mémoriel sur le centenaire de la fin de la Grande Guerre. « Il semble que le président de la République était pour eux une cible potentielle, même si le projet n’était pas abouti », avait déclaré en 2018 le secrétaire d’État à l’Intérieur, Laurent Nuñez.

« On n’est pas des terroristes »

Au cœur de l’enquête, Jean-Pierre Bouyer, 63 ans, administrait la page des « Barjols » dans l’Isère, vecteur de ses appels enflammés aux accents de sédition, notamment contre l’immigration. Dans une conversation interceptée par les policiers, ce retraité avait assuré vouloir s’en prendre au chef de l’Etat avec un couteau en céramique, non détectable aux contrôles de sécurité. Il avait évoqué une action à fort retentissement, susceptible de le contraindre à disparaître plusieurs mois ou de le mener à la mort.

Entendu par les enquêteurs, Jean-Pierre Bouyer a admis avoir évoqué ce projet. Le retraité, qui s’estime davantage populiste que d’extrême droite, s’est défendu en évoquant des paroles sans aucun début d’exécution. Imprégné de survivalisme, il a également reconnu des projets de kidnapping pour se procurer de l’argent et des armes avec l’aide des trois autres suspects. Ces derniers, dont les versions divergent, ont contesté avoir participé à un projet d’action violente contre le président.

Contacté fin 2018 par l’AFP, le président-fondateur du groupe des « Barjols », Denis Collinet, avait raconté avoir témoigné spontanément auprès de la police pour réfuter le caractère « violent » du mouvement et son appartenance à l’ultradroite. « On n’est pas des terroristes (…) Nous sommes un groupe surtout apolitique de personnes, la plupart d’un certain âge qui ont vécu la vie. C’est sûr qu’il y a de la haine, mais pas au point de passer à la violence », avait-il assuré.