Nancy : Jusqu’à dix ans de prison ferme lors du procès d’un réseau de proxénètes hongrois

TRIBUNAL Ce réseau, qui œuvrait sur l’est de la France, avait été démantelé en 2016

20 Minutes avec AFP

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Une salle de tribunal. (illustration)
Une salle de tribunal. (illustration) — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Quatorze Hongrois, jugés après le démantèlement en 2016 d’un vaste réseau de prostitution, actif notamment à Bordeaux et Strasbourg, ont été condamnés samedi à Nancy à des peines allant de un an à dix ans de prison ferme. Sur les 14 prévenus jugés depuis lundi devant la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Nancy pour proxénétisme aggravé, blanchiment aggravé et participation à une association de malfaiteurs, cinq étaient en détention provisoire et neuf comparaissaient libres.

Au terme d’un délibéré prononcé samedi à 3h après sept heures de délibéré, deux frères, présentés comme les têtes du réseau et également poursuivis pour traite d’êtres humains, ont écopé de dix ans de prison, la peine maximale encourue, et d’une amende de 100.000 euros chacun, a indiqué Me Samira Boudiba, l’un des avocats de la défense. Leur bras droit a été condamné à huit ans de prison. Le tribunal a également prononcé à l’encontre de l’ensemble des prévenus une interdiction définitive de territoire français, selon Me Boudiba.

50 travailleuses du sexe mentionnées dans la procédure

Les prévenus ont contesté les faits qui leur étaient reprochés, malgré leur mise en cause répétée dans des écoutes par les filles exploitées – plus de 50 travailleuses du sexe étaient mentionnées dans la procédure. Ce réseau de proxénètes, en partie issus du même clan familial, avait été démantelé en mars 2016 en France et en Hongrie lors d’une opération policière conjointe de la Sûreté départementale de Strasbourg, de l’Office central de la répression de la traite des êtres humains et de la police hongroise.

Le réseau, dont les gains étaient rapatriés en Hongrie, opérait depuis 2014 à Strasbourg, Nice et Bordeaux, selon les conclusions d’une enquête franco-hongroise ouverte en avril 2015. D’après les enquêteurs, il s’appuyait sur de jeunes femmes hongroises qui se prostituaient sur la voie publique et dans des appartements, « sous la surveillance d’une quinzaine de proxénètes également hongrois (…), originaires de Szeged et de sa région », selon la Jirs de Nancy.