Djihadisme : Dix ans de prison pour un quadragénaire d’origine tchétchène

MENACE L’homme de 49 ans avait été naturalisé français en 2008

20 Minutes avec AFP

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La balance de Thémis, symbole de la Justice. (Illustration)
La balance de Thémis, symbole de la Justice. (Illustration) — Superstock/Sipa

Il était notamment accusé d’avoir été l'« émir » d’un groupe djihadiste en Syrie, en 2013 et 2014. Un Tchétchène de 49 ans, naturalisé français en 2008, a été condamné samedi à Paris à dix ans de prison par une cour d’assises spéciale. Cette peine, qui correspond aux réquisitions du parquet, est accompagnée d’une période de sûreté des deux tiers. L’accusé encourait trente ans de réclusion.

Face à la justice, l’homme a reconnu s’être rendu en Syrie et y avoir séjourné environ trois mois, en 2013 et 2014. Mais il a affirmé y être allé dans le seul but de chercher ses frères, et « pas pour faire la guerre ». « Je n’ai pas combattu, je me suis défendu », a-t-il affirmé. Il était cependant soupçonné d’avoir participé à des combats et d’avoir assuré une formation en explosifs à d’autres combattants.

« Les jeunes m’aimaient bien »

« Emir », il ne l’a été qu’une quinzaine de jours, selon ses dires. « Quand j’étais au front, un émir est mort pendant le combat, donc il fallait un supérieur. Les jeunes m’aimaient bien, ils m’ont demandé de prendre la succession », a affirmé l’accusé, qui a été arrêté en 2015 en Moldavie.

L’homme était arrivé en France en 2002, où il avait obtenu l’asile politique. Dès 2005, il avait été repéré par les services de renseignement en raison de son extrémisme religieux, lui qui se décrit comme salafiste. Dans ses derniers mots à la cour, il a affirmé que « la Syrie (était) un sujet clos. La prison a changé beaucoup de choses en moi. Ce dont j’ai besoin, c’est ma famille », a déclaré ce polygame, père de plusieurs enfants vivant en Alsace.