Marseille: La justice ordonne l'expulsion des migrants mineurs du squat Saint-Just

IMMIGRATION La justice a ordonné l’expulsion des mineurs migrants du squat Saint-Just, un bâtiment diocésain désaffecté de Marseille

20 Minutes avec AFP

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Un dessin d'enfant à l'entrée du squat du 59 Saint Just, à Marseille, en novembre 2019.
Un dessin d'enfant à l'entrée du squat du 59 Saint Just, à Marseille, en novembre 2019. — J. Saint-Marc / 20 Minutes

C’est le dernier épisode d’une saga judiciaire opposant depuis plusieurs mois le diocèse de Marseille et des migrants et bénévoles. Le tribunal d’instance de Marseille a ordonné jeudi l’expulsion sans délai des mineurs ​migrants qui occupent depuis décembre 2018 un bâtiment religieux désaffecté, le « squat Saint-Just ». Cette grande bâtisse est actuellement occupée par plus de 300 migrants, dont la moitié sont des mineurs selon le Collectif 59 Saint-Just.

« C’est une décision conforme à ce qu’on attendait, puisqu’on avait formulé aucune demande, pour mettre le conseil départemental (ndlr : à qui revient la responsabilité de la mise à l’abri des mineurs non accompagnés) au pied du mur », a réagi Me Laure Quinson, avocate des mineurs.

Une poignée de mineurs concernée

Cette décision, ajoute l’avocate, « ne concerne qu’une poignée de mineurs : ceux qui étaient dans le squat au début de la procédure et y vivent encore ». Selon elle, cette décision d’expulsion sans délai a de toute façon peu de chances d’être appliquée, « puisque le diocèse préférera vider le squat d’un coup, afin qu’il ne puisse plus se remplir ».

Du côté du diocèse, son avocate Me Camille Tapin-Reboul explique aussi : « En théorie les mineurs pourraient être expulsés à tout moment, mais ça paraît compliqué de vider partiellement le bâtiment ». Le 9 février, le délai octroyé aux majeurs prendra fin. Les occupants du squat Saint-Just ne seront pas protégés par la trêve hivernale, précise Me Tapin-Reboul.