Rennes : L’abattage des arbres de l’avenue Janvier devant la justice

ENVIRONNEMENT L’association La nature en ville a attaqué ce jeudi devant le tribunal administratif un arrêté d’abattage pris par Rennes

Jérôme Gicquel

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Quatre arbres ont déjà été abattus et 25 autres doivent l'être prochainement le long de l'avenue Janvier à Rennes.
Quatre arbres ont déjà été abattus et 25 autres doivent l'être prochainement le long de l'avenue Janvier à Rennes. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • L’association La nature en ville a attaqué ce jeudi devant le tribunal administratif un arrêté d’abattage d’arbres pris par la ville de Rennes sur l’avenue Janvier.
  • Quatre charmes ont déjà été abattus il y a deux semaines et 25 autres doivent l’être prochainement.
  • Sur place, les avis divergent quant à l’intérêt ou non d’abattre ces arbres.

« Les arbres, c’est une question de santé publique. Nous défendons le bien commun ». Président de l’association La nature en ville, Pascal Branchu ne décolère pas après l’abattage de quatre grands charmes les 21 et 22 octobre le long de l’avenue Janvier, en face de la gare de Rennes. Ce jeudi matin, le militant avait rendez-vous devant le tribunal administratif suite à un référé déposé pour demander la suspension de l’arrêté d’abattage pris par la ville le 17 septembre.

« La ville n’a pas respecté le délai d’affichage qui est de deux mois avant d’abattre les arbres », indique Pascal Branchu, dénonçant « un passage en force » de la municipalité. Selon lui, « aucun motif sérieux » ne justifiait par ailleurs l’abattage de ces quatre charmes qui étaient « en bonne santé » et ne représentaient « aucun danger ».

Des espèces végétales plus variées à la place

Lors de l’audience, le juge a toutefois émis quelques interrogations concernant cette demande de référé-suspension. « On ne peut que déplorer que la ville ait pris un arrêté et l’ait exécuté aussitôt. Mais malheureusement les arbres ont déjà été abattus et il n’y a pas grand-chose à suspendre », a-t-il indiqué. « Nous demandons la replantation de ces arbres mais aussi la suspension de l’abattage des 25 autres charmes qui est prévu », a réagi Pascal Branchu. Mise en délibéré, la décision du tribunal administratif sera rendue la semaine prochaine.

En attendant, le chantier d’aménagement de l’avenue Janvier qui vient de démarrer se poursuit. C’est dans le cadre de ces travaux que la ville a décidé de procéder à l’abattage de ces charmes dans lesquels « la biodiversité n’est pas grande », selon l’adjoint à l’écologie Daniel Guillotin. A la place des arbres, devenus le refuge des étourneaux, la ville prévoit dans les prochains mois de planter des espèces végétales plus variées et de moindre hauteur.

Les nuisances causées par les étourneaux

Le long de l’avenue, la question de l’abattage des arbres divise, notamment chez les commerçants. « C’est quand même dommage d’abattre des arbres en bonne santé », déplore Gérard Jubault, qui gère le restaurant Le Victoria. « On aurait pu trouver une autre solution en les taillant et en installant des filets pour empêcher les étourneaux de s’installer », suggère-t-il.

A quelques mètres de là, le discours est sensiblement différent chez cet autre commerçant, qui souhaite rester anonyme. « Ils ont prévu de végétaliser l’avenue donc je ne serai pas contre qu’ils abattent tous les arbres », indique-t-il, exaspéré par les nuisances causées par les étourneaux. « A la nuit tombée, c’est un carnage ici ! Les trottoirs sont dégueulasses et les gens sont obligés de longer les murs ».