Patrick Balkany demande (encore) sa remise en liberté et s’interroge sur les municipales

PRISON Patrick Balkany, en prison depuis le 13 septembre, va demander, ce mardi, à la cour d’appel de pouvoir recouvrer la liberté

Vincent Vantighem

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Patrick Balkany, maire (LR) de Levallois-Perret au tribunal pour son procès, à Paris le 19 juin 2019
Patrick Balkany, maire (LR) de Levallois-Perret au tribunal pour son procès, à Paris le 19 juin 2019 — SOLAL/SIPA
  • Condamné à quatre ans de prison ferme pour « fraude fiscale » et à 5 ans pour « blanchiment », Patrick Balkany a fait deux demandes de mise en liberté.
  • Après avoir accepté la première demande, la justice se penche sur la seconde, ce mardi.
  • La cour d’appel de Paris réclame des conditions strictes à sa sortie, notamment le fait de séjourner dans l’Eure et de ne plus pouvoir venir dans les Hauts-de-Seine.

Début octobre, elle a eu « le cœur en miettes » de ne pas célébrer Yom Kippour avec lui. Isabelle Balkany pourra sans doute se rattraper à Noël. La cour d’appel de Paris examine, ce mardi, la seconde demande de mise en liberté de son mari, Patrick, une semaine tout pile après avoir accepté la première.

Si ce mardi, la décision devrait être mise en délibéré, elle ne devrait pas varier de celle rendue la semaine passée. En toute logique, les magistrats devraient accepter de faire sortir Patrick Balkany de la prison de la Santé (Paris) où il dort depuis le 13 septembre moyennant plusieurs conditions particulièrement strictes.

La première est purement financière. Pour sortir de cellule, Patrick Balkany devra déjà s’acquitter d’une caution de 500.000 euros. Un vrai problème pour celui qui s’est décrit comme quelqu’un de « ruiné » lors de son procès. « Le fisc s’est occupé de faire en sorte que nous n’ayons plus rien pour vivre… », avait-il notamment assuré, avouant toutefois qu’ils avaient été, avec son épouse, « plus cigales que fourmis ».

Peut-il se présenter à Levallois sans avoir le droit d’y mettre les pieds ?

Mais l’argent ne fait pas tout. Et finalement, ce sont les autres conditions du contrôle judiciaire que devrait fixer la cour d’appel de Paris qui pourraient lui poser le plus de difficultés. S’ils réitèrent les mêmes demandes que la semaine dernière, les magistrats vont réclamer à celui qui a été condamné à  quatre ans de prison ferme pour « fraude fiscale » et à cinq  ans pour « blanchiment » de pointer une fois par semaine à la gendarmerie, de fixer sa résidence dans son moulin de Cossy à Giverny (Eure) et surtout de ne pas se rendre à Paris ni dans son département des Hauts-de-Seine.

Une réflexion qui a fait bondir Eric Dupond-Moretti, son avocat, qui n’a pas hésité à accuser la justice « d’avoir décidé une fois pour toutes que [Patrick Balkany] ne devait plus être maire… » Car c’est bien là le nœud du problème. « Du point de vue pénal, il peut très bien se présenter aux élections municipales à Levallois-Perret sans avoir le droit d’y mettre les pieds, explique Céline Parisot, secrétaire générale de l’Union syndicale des magistrats (USM). Mais osera-t-il le faire ? »

Le moulin de Cossy à Giverny, propriété des époux Balkany, le 12 août 2015
Le moulin de Cossy à Giverny, propriété des époux Balkany, le 12 août 2015 - MIGUEL MEDINA AFP

« Il faut que je prépare ma succession… »

Avant son procès, Patrick Balkany avait clairement laissé entendre qu’il serait candidat à sa succession dans son fief des Hauts-de-Seine qu’il a conquis en 1983. Mais sa double condamnation l’a fait réfléchir. « On dit que je veux me représenter, je n’en suis pas sûr du tout, a-t-il indiqué lors de l’audience sur sa première demande de mise en liberté. Mais il faut bien que je prépare ma succession. Je sais bien qu’il y a une peine d’inéligibilité et que même si j’allais à l’élection, ce serait pour un an… »

Isabelle Balkany aussi a été condamnée à dix ans d’inéligibilité. Mais sans mandat de dépôt, elle n’est, de son côté, soumise à aucune condition lui interdisant de faire de la politique à Levallois-Perret dans l’attente du procès en appel. A la tête de la mairie depuis que son mari est incarcéré, elle pourrait ainsi être tentée de se présenter en recours lors des municipales de 2020.

Sauf qu’elle n’a pas le talent de son mari. Dans un documentaire que BFM lui a récemment consacré, elle le reconnaissait d’ailleurs aisément. « Contrairement à Patrick, j’ai du mal à aller vers les gens. J’ai l’impression que je les dérange. Je suis la plus mauvaise candidate de la terre… » Cela pourrait presque faire un argument de campagne.