Nice : Neuf personnes seront jugées pour « dégradations graves en réunion » pour une action contre une banque à Nice

PROCES EN VUE L'ONG Attac, dont une réprésentante locale fait partie des prévenus, dénonce des poursuites disproportionnées

20 Minutes avec AFP
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La banque peinturlurée se situe au centre-ville de Nice.
La banque peinturlurée se situe au centre-ville de Nice. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes

La décision a suscité une vive réaction d'Attac. Neuf personnes, dont une représentante locale de l'ONG, accusées d’avoir commis des dégradations contre une banque à Nice pour protester contre ses pratiques environnementales, vont être jugées le 10 février.

En marge d’une manifestation de « gilets jaunes » à Nice samedi, ces personnes avaient placardé des affiches et jeté un mélange de biodétergent et de charbon sur les murs d’une agence de la Société Générale, reprochant notamment à cette banque de financer des projets polluants. Cette dernière comme la mairie de Nice ont porté plainte.

Huit prévenus sont poursuivis pour les chefs de « dégradations graves en réunion » et de « participation à un groupement formé en vue de commettre des dégradations ». Le neuvième n’est poursuivi que du chef de complicité de dégradations. Ils encourent jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende.

« Une action symbolique »

Raphaël Pradeau, porte-parole d’Attac, a jugé ces poursuites disproportionnées après « une action symbolique visant à salir une agence Société Générale, une des banques françaises les plus sales ».

Le responsable s’est interrogé pour savoir s’il ne s’agirait pas d’un « cadeau de départ » du procureur de la République de Nice, Jean-Michel Prêtre. Celui-ci doit être muté prochainement à Lyon après sa gestion de l’affaire Geneviève Legay, une militante d’Attac blessée à Nice lors d’une manifestation interdite de « gilets jaunes ».

« [Il] n’est pas intervenu, c’est un faux procès, il n’y a eu aucun traitement particulier réservé à ces personnes », indique un représentant du parquet.