Affaire Karachi : Jusqu’à sept ans de prison requis par le parquet contre les six prévenus

PROCES Ce procès concerne le volet financier de cette affaire tentaculaire

20 Minutes avec AFP

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Image d'illustration du bâtiment abritant le tribunal de Paris.
Image d'illustration du bâtiment abritant le tribunal de Paris. — ALAIN JOCARD / AFP

Le parquet de Paris a requis ce lundi de 18 mois ferme à sept ans de prison à l’encontre des six prévenus au procès du volet financier de l’affaire Karachi. Cette affaire de soupçons de commissions occultes porte sur des ventes d’armement en marge de la campagne présidentielle d’ Edouard Balladur.

Dans ce procès pour abus de biens sociaux, recel ou complicité, l’accusation considère que des rétrocommissions illégales sur des contrats d’armement signés en 1994 avec le Pakistan et l’Arabie Saoudite ont contribué notamment à financer la campagne malheureuse de l’ancien Premier ministre en 1995.

Six prévenus jugés

« Certains des plus hauts fonctionnaires de l’Etat se sont livrés à une véritable entreprise de prédation (…) notamment pour financer la campagne du candidat Balladur », a lancé l’un des deux procureurs, Nicolas Baïetto, devant le tribunal correctionnel. Six prévenus sont jugés depuis trois semaines : un industriel, trois politiques et deux intermédiaires.

Il leur est reproché d’avoir floué deux entités détenues par l’Etat : la branche internationale de la Direction des constructions navales (DNCI), qui vendait des sous-marins au Pakistan (contrat Agosta), et la Sofresa, pour la vente de frégates à l’Arabie Saoudite (Sawari II). Selon l’accusation, le pouvoir politique a imposé à la DCNI et la Sofresa des intermédiaires « inutiles » dans ces contrats, le « réseau K », à des conditions financières « anormales ». Son « intérêt » : faire revenir une partie des commissions versées à ce réseau vers les comptes de la campagne de Balladur.

Balladur et Léotard jugés plus tard

Les prévenus réfutent tout financement politique. Le parquet a requis trois ans d’emprisonnement, dont 18 mois ferme, contre Dominique Castellan, alors patron de la DCNI. Contre l’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine, l’un des intermédiaires, également jugé pour fraude fiscale et blanchiment, cinq ans de prison avec mandat de dépôt ont été requis.

A l’encontre de son ancien associé Abdul Rahman Al Assir, absent du procès, le parquet a demandé sept ans et un mandat d’arrêt. Cinq ans, dont deux avec sursis, et des amendes ont été requis contre Renaud Donnedieu de Vabres, alors proche collaborateur du ministre de la Défense François Léotard, et Nicolas Bazire, ancien directeur de cabinet d’Edouard Balladur à Matignon et ex-directeur de sa campagne présidentielle.

Enfin, contre Thierry Gaubert, alors au ministère du Budget, quatre ans, dont deux ferme, et 100.000 euros d’amende ont été requis. L’accusation estime qu’il a profité des « largesses de Ziad Takieddine » mais n’a toutefois « pas pu faire le lien » avec la campagne de Balladur. Edouard Balladur et François Léotard seront jugés ultérieurement devant la Cour de justice de la République.