Le braqueur multirécidiviste Redoine Faïd se dit « emmuré vivant » en prison

PRISON Le « Journal du dimanche » a interviewé jeudi l’un des détenus les plus surveillés du pays

20 Minutes avec AFP

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La prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), où Redoine Faïd est incarcéré.
La prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), où Redoine Faïd est incarcéré. — Michel Spingler/AP/SIPA

C’est l’un des prisonniers les plus célèbres de France. Le braqueur multirécidiviste Redoine Faïd, a été interviewé par le Journal du dimanche. Incarcéré dans l’une des prisons les plus sécurisées de France depuis son arrestation en octobre 2018 après une spectaculaire évasion et trois mois de cavale, il raconte son quotidien « morbide » à l’isolement dans un entretien publié ce dimanche.

L’hebdomadaire explique avoir rencontré jeudi Redoine Faïd, 47 ans, l’un des détenus les plus surveillés de France, au parloir de la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), derrière une « vitre de plexiglas ».

Il conteste ses conditions de détention

Son avocate, Yasmina Belmokhtar, a confirmé à l’AFP « qu’il a rencontré une journaliste du JDD au parloir ». Elle a également confirmé qu’elle saisira prochainement le tribunal administratif de Lille pour contester ses conditions de détention.

Redoine Faïd, qui s’était évadé en hélicoptère de la prison de Réau (Seine-et-Marne) en juillet 2018, avait été arrêté trois mois plus tard dans l’Oise et incarcéré à l’isolement dans ce centre pénitentiaire aux allures de forteresse, ouvert en 2015.

« On est emmuré vivant »

A l’isolement, « on est emmuré vivant », décrit le braqueur au JDD. « On ne voit personne. On ne touche personne, au sens propre et au figuré. C’est l’exclusion totale : une vie de paria, de rebut de la société », « il n’y a aucune activité, pas de travail ni d’atelier informatique », « on survit hors du temps ».

Se défendant d’être une « victime », il affirme que « certains » surveillants « refusent les promenades ou le sport » quand d’autres le « mettent excessivement à poil » pour le fouiller même s’il « ne croise personne », et « regardent à plusieurs [ses] parties intimes ». Il décrit aussi les « menottes à chaque déplacement ».

« C’est un enfermement mortuaire et morbide. Toute la barbarie pénitentiaire est concentrée dans cette structure carcérale hypercriminogène. C’est fait pour écraser ton âme », commente le caïd.

FranceInfo et visites familiales

Avant son évasion en hélicoptère, aidé par un commando armé qui avait auparavant pris en otage le pilote, il s’était déjà évadé en 2013 de la prison de Lille-Sequedin en prenant quatre surveillants en otage.

Il s'« impose une discipline en acier », « regarde FranceInfo », dit avoir reçu « moins de dix visites » de sa famille en un an. « En arrivant ici, j’ai passé quatre-vingts jours de mitard, à ma demande. La vraie liberté est de choisir qui tu veux être. Ils tapent sur moi parce que j’ai repris ma liberté », assure-t-il.

« Je n’ai pas de problèmes avec la société, la police ou la justice », assure encore le médiatique braqueur qui, en 2010, n’hésitait pas à se présenter comme repenti en faisant la promotion de son livre à la télévision.

« J’assume ce que je fais »

Redoine Faïd, condamné à vingt-cinq ans de réclusion pour son rôle d'« organisateur » dans un braquage raté en 2010 qui avait coûté la vie à une policière municipale, doit être rejugé en 2020 pour le braquage d’un fourgon blindé.

Il risque très gros pour son évasion de Réau. « Ils peuvent me mettre un siècle s’ils veulent, je l’accepte. Parce que j’assume ce que je fais (…). Je ne changerai jamais », conclut-il.