Loir-et-Cher : Une maire jugée pour avoir interdit la chasse aux blaireaux sur sa commune

FAUNE SAUVAGE « C’est de la torture légale », a dénoncé l’élue poursuivie. « Les chasseurs doivent devenir plus raisonnables »

20 Minutes avec agences
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Blaireaux européens. Illustration.
Blaireaux européens. Illustration. — AUSLOOS/SIPA

La mairesse de Valaire, village de 90 habitants dans le Loir-et-Cher, comparaissait ce mercredi devant le juge des référés du tribunal administratif d’Orléans. Elle est accusée d’avoir interdit la « vénerie sous terre » du blaireau, pratique qu’elle juge « extrêmement violente et cruelle », sur son territoire.

Le 13 septembre dernier, Catherine Le Troquier a pris un arrêté interdisant cette chasse, s’opposant ainsi à un arrêté préfectoral l’autorisant. « Les maires ont le devoir de défendre l’environnement », a-t-elle déclaré. « Et notre environnement, c’est aussi le patrimoine vivant. »

De la « torture légale »

« Cette pratique est une tradition ancestrale barbare, les chasseurs lancent les chiens dans les galeries creusées par les blaireaux », a ajouté la maire, membre de l’Association pour la protection des animaux sauvages. « Quand le blaireau est débusqué, les chasseurs creusent et finissent par prendre la bête avec des pinces avant de la tuer ou la donnent à manger aux chiens. »

« Un témoin a même vu des bébés blaireaux accrochés vivants aux branches par la queue, les chiens sautaient pour leur manger la tête », a poursuivi l’élue. « C’est de la torture légale. Les chasseurs doivent devenir plus raisonnables. »

Une espèce protégée

Le tribunal rendra sa décision sur la forme ce vendredi et statuera ensuite sur le fond. La préfecture conteste ici la compétence de l’édile pour prendre ce type d’arrêté, les maires ne disposant pas de « pouvoirs de police relatifs à la chasse ». Ils ont simplement la possibilité d’intervenir pour « réguler une activité afin de préserver l’ordre et la sécurité publics » sur la commune, si cette activité « entraîne des troubles ».

Or, selon la préfecture, l’arrêté de Catherine Le Troquier « n’évoque pas de circonstance propre à la commune ». Dans un communiqué, Europe Écologie - Les Verts (EELV) a qualifié cette pratique « d’injustifiable au XXIe siècle », rappelant que le blaireau est « un animal protégé par la convention de Berne ». Une porte-parole du parti, présente ce mercredi à l’audience, a rappelé que plusieurs pays européens en avaient déjà interdit la chasse.