Affaire Carlos Ghosn : Le domicile et le bureau de Rachida Dati visés par des perquisitions

ENQUETE Une enquête a été ouverte fin mai sur des prestations de conseils conclues par Rachida Dati avec la filiale néerlandaise de l’alliance Renault-Nissan, RNBV, lorsque Carlos Ghosn était encore le PDG du groupe automobile

20 Minutes avec AFP

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Rachida Dati dans son bureau de la mairie du 7e arrondissement de Paris, le 19 juin 2012.
Rachida Dati dans son bureau de la mairie du 7e arrondissement de Paris, le 19 juin 2012. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Dans le cadre de l’enquête sur les contrats de conseil de Rachida Dati auprès d’une filiale de Renault- Nissan, des perquisitions ont été menées, ce mardi, au bureau et au domicile de la maire du VIIe arrondissement de Paris, a annoncé une source proche du dossier, ce mercredi, confirmant une information de L’Express.

Ces perquisitions ont été réalisées à la demande des juges d’instruction qui ont repris, cet été, l’enquête lancée le 31 mai par le parquet national financier sur ce volet annexe de l’affaire Carlos Ghosn, selon cette même source.

Des « soupçons » sur « l’usage inconsidéré des fonds de Renault » par son ancien PDG

L’enquête, ouverte pour « abus de biens sociaux » et « corruption », porte sur des prestations de conseils conclues par Rachida Dati et le criminologue Alain Bauer avec la filiale néerlandaise de l’alliance Renault-Nissan, RNBV, lorsque Carlos Ghosn était encore le PDG du groupe automobile. Elle avait été déclenchée par une plainte déposée le 17 avril par une actionnaire de Renault contre ces trois personnes et l’épouse de Carlos Ghosn.

L’avocat de la plaignante, Me Jean-Paul Baduel, avait fait état de « soupçons » sur « l’usage inconsidéré des fonds de Renault » par son ancien PDG. « Les contrats sont douteux de par leurs montants, effectués au profit d’une filiale n’ayant aucun salarié », avait-il assuré.

Une « tentative de déstabilisation » avant l’investiture du candidat LR à la Mairie de Paris

Selon une source proche du dossier, l’ancienne Garde des Sceaux – qui nie toute irrégularité – aurait touché 900.000 euros d’honoraires en tant qu’avocate entre 2010 et 2012. Alain Bauer aurait quant à lui touché un million d’euros entre 2012 et 2016 pour des activités de consultant dont il défend aussi la régularité.

Lorsque L’Express avait annoncé mi-octobre que des juges d’instruction avaient repris l’enquête, les avocats de Rachida Dati, Olivier Pardo et Hervé Lehman, avaient dénoncé dans un communiqué un « amalgame scandaleux » et une « tentative de déstabilisation ». « À quelques jours de la décision » sur l’investiture du candidat LR à la Mairie de Paris, briguée par Rachida Dati, « l’intention de nuire est particulièrement évidente », soulignaient ses avocats.

RNBV, une structure créée par Carlos Ghosn pour incarner l’alliance des deux constructeurs

Les noms de Rachida Dati et d’Alain Bauer ont été cités dans un audit du cabinet Mazars, mené à la demande de Renault et Nissan afin d’examiner les dépenses litigieuses de RNBV, qui font l’objet d’une autre enquête judiciaire du parquet de Nanterre.

Filiale à 50-50 entre Renault et Nissan, RNBV était la structure créée par Carlos Ghosn pour incarner l’alliance des deux constructeurs au niveau opérationnel. Les enquêteurs soupçonnent cette structure d’avoir masqué des dépenses litigieuses, notamment au profit personnel de Carlos Ghosn, actuellement en attente de son procès au Japon pour des malversations présumées.