Grenoble : Condamné en appel, le psychiatre d'un schizophrène meurtrier a été débouté en cassation

EPILOGUE Le praticien avait été condamné à dix-huit mois de prison avec sursis

C.G.

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Hervé Gerbi, l'avocat de la famille de Luc Meunier, s'est félicité de la décision de la cour de cassation qui a rejeté le 22 octobre, le pourvoi en cassation du Dr Gujadhur condamné à 18 mois de prison avec sursis pour le meurtre commis par l'un de ses patients.
Hervé Gerbi, l'avocat de la famille de Luc Meunier, s'est félicité de la décision de la cour de cassation qui a rejeté le 22 octobre, le pourvoi en cassation du Dr Gujadhur condamné à 18 mois de prison avec sursis pour le meurtre commis par l'un de ses patients. — Jean-Pierre Clatot / AFP

La chambre criminelle de la cour de cassation a rejeté mardi le pourvoi en cassation du docteur Gujadhur. Ce psychiatre qui exerçait à Grenoble, avait été condamné le 15 mai 2018 à 18 mois de prison avec sursis par la cour d’appel, pour le meurtre commis par son patient.

Le 12 novembre 2008, le praticien avait autorisé une sortie non surveillée d’un patient schizophrène dans le parc du centre hospitalier de Saint-Egrève. Ce dernier, âgé de 56 ans, en avait profité pour s’échapper sans difficulté. Quelques heures plus tard, il avait mortellement poignardé Luc Meunier, un jeune homme de 26 ans croisé dans la rue.

« La famille est désormais libérée d’un poids »

Atteint de psychose délirante chronique depuis près de quatre décennies et déjà auteur d’agressions à l’arme blanche, le quinquagénaire avait pris le car pour se rendre à Grenoble et acheter un couteau.

« La cour de cassation a reconnu le lien de causalité entre cette faute caractérisée et le décès de Luc Meunier », estime Hervé Gerbi, l’avocat de la famille de la victime, pour lequel cet arrêt « met fin à la controverse d’un certain nombre de psychiatres ».

« Il énonce que le médecin psychiatre n’avait pas accompli les diligences normales compte tenu de la nature de ses missions ou de ses fonctions, ses compétences ainsi que du pouvoir et des moyens dont il disposait et a ainsi commis une faute caractérisée en autorisant les sortis d’un patient réputé dangereux », poursuit-il. Et de conclure : « La famille est désormais libérée du poids de ce combat judiciaire de 11 ans et peut enfin faire totalement son deuil ».

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