La Rochelle : Le parquet lance une enquête pour enlèvement après la disparition de l’acteur Gérald Thomassin

JUSTICE Le procureur de La Rochelle a expliqué qu’une enquête pour enlèvement offrait « un cadre procédural plus adapté, dans le prolongement d’une enquête pour disparition inquiétante, en tenant compte d’un contexte particulier »…

20 Minutes avec AFP

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Gérald Thomassin dans une scène du film "Paria", réalisé par Nicolas Klotz.
Gérald Thomassin dans une scène du film "Paria", réalisé par Nicolas Klotz. — NANA PRODUCTIONS/SIPA
  • Une enquête pour enlèvement a été lancée par le parquet de la Rochelle après la disparition depuis fin août de l’acteur Gérald Thomassin, suspecté du meurtre d’une postière.
  • Ce type d’enquête paraît au parquet « le cadre procédural le plus adapté » à la situation.
  • L’acteur a toujours clamé son innocence dans cette affaire de meurtre.

La justice est à la recherche de Gérald Thomassin, un acteur français soupçonné de meurtre et porté disparu depuis fin août. Le parquet de La Rochelle a ouvert une enquête pour « enlèvement » après sa disparition à la veille d’une convocation judiciaire à Lyon dans l’affaire du meurtre d’une postière en 2008 où il est mis en examen, a indiqué le procureur.

« Suite à la disparition de Gérald Thomassin, le parquet de La Rochelle a saisi la police judiciaire le 17 septembre d’une enquête du chef d’enlèvement », a précisé le procureur de la République de La Rochelle Laurent Zuchowicz, qui confirmait des informations du Progrès de Lyon. L’ancien acteur de 45 ans, récompensé par un César dans la catégorie « espoirs » en 1991 pour son rôle dans « Le Petit Criminel » de Jacques Doillon, était tombé dans la marginalité.

Mis en examen pour le meurtre d’une postière

Il avait été mis en examen en 2013 pour le « meurtre aggravé » de cet agent communal dans l’Ain, Catherine Burgod, à l’époque âgée de 41 ans, et pour « vol avec arme ». Deux autres suspects avaient ensuite été mis en examen, l’un pour les mêmes qualifications et un autre pour « complicité ».

Le procureur de La Rochelle a expliqué qu’une enquête pour enlèvement offrait « un cadre procédural plus adapté, dans le prolongement d’une enquête pour disparition inquiétante, en tenant compte d’un contexte particulier ».

En effet, le 29 août, il ne s’était pas rendu à une convocation pour une confrontation dans le bureau du juge d’instruction en charge de ce dossier repris à Lyon en 2016. Sa trace s’était perdue la veille, « après un contrôle SNCF dans un train » parti de Rochefort (Charente-Maritime) à destination de Nantes, a détaillé le procureur de La Rochelle.

Le 19 décembre 2008, dans l’agence postale communale de Montréal-la-Cluse (Ain), cette femme avait été retrouvée dans une mare de sang, dans une pièce attenante au guichet. Mère de deux enfants, enceinte de cinq mois et demi, elle avait été frappée de 28 coups de couteau, arme qui n’a jamais été retrouvée. Son agresseur avait pris la fuite en emportant un butin.

En 2009, l’ancien comédien avait été interpellé une première fois avant d’être relâché, faute de preuves. Mais des aveux téléphoniques à son frère – dans lesquels il confessait « Je vais aller dire que c’est moi qui l’ai tuée » – avaient ensuite précipité une nouvelle interpellation. Il a toujours clamé son innocence. 

Un dossier nécessairement retardé

Le magistrat instructeur lyonnais a récemment fait savoir qu'il avait terminé ses investigations et transmis le dossier au parquet pour qu'il prenne ses réquisitions sur la tenue éventuelle d'un procès.  Mais le parquet de Lyon a défendu sa « position » selon laquelle « cette confrontation est indispensable à la manifestation de la vérité », a-t-il expliqué. Il a donc requis « un mandat d'amener » afin de faire entendre Gérald Thomassin, mais le juge lui a refusé cette « mesure complémentaire ». Le ministère public a fait appel et il revient désormais à la chambre de l'instruction de Lyon de trancher. « Cela a donc nécessairement entraîné un retard dans la clôture de ce dossier », a indiqué le parquet de Lyon.