New York : La fermeture de la célèbre prison de Rikers Island a été votée

PÉNITENTIAIRE Elle devrait fermer ses portes à l'horizon 2026 et être remplacée par quatre plus petites structures

20 Minutes avec agences

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Illustration de Rikers Island, la prison dans le Queens.
Illustration de Rikers Island, la prison dans le Queens. — Bebeto Matthews/AP/SIPA

Le conseil municipal de New York a entériné ce jeudi la fermeture de la prison géante de Rikers Island, à une échéance encore incertaine. Cet établissement, connu pour sa violence endémique, sera remplacé par quatre nouvelles prisons au cœur de la ville.

« C’est un jour historique », s’est félicité le maire de New York, Bill de Blasio après le vote. Pour se fixer une date butoir, le conseil municipal a également adopté une disposition qui ne permettra plus l’utilisation du lieu au-delà du 31 décembre 2026.

Désengorger le milieu carcéral

Le projet est très controversé. Les New-Yorkais s'inquiètent notamment de voir de nouvelles prisons construites près de chez eux. Rikers, située sur une île à l’extrême nord-ouest du Queens, est complètement isolée de toute zone résidentielle.

Le projet prévoit de construire des bâtiments dans le centre de Brooklyn et dans Chinatown à Manhattan, ainsi que dans le Queens et le Bronx. Certains critiquent l’idée de voir la ville consacrer un budget colossal à la construction de nouveaux établissements pénitentiaires, plutôt que d’utiliser l’enveloppe pour améliorer le système judiciaire.

Développer la liberté surveillée

Le maire et le conseil municipal se sont entendus pour débloquer une enveloppe de 391 millions de dollars. Elle doit notamment porter sur des programmes de prévention, infime au regard du coût du projet estimé à 8,7 milliards de dollars. Les partisans du plan estiment qu’il permettra des visites plus fréquentes pour les proches et facilitera les projets de réinsertion.

Le plan de Bill de Blasio table sur une baisse sensible du nombre de détenus à New York, qui a déjà diminué de plus d’un tiers depuis 2014. Selon les chiffres de janvier, quelque 80 % des détenus de New York étaient en attente de procès. Beaucoup d’entre eux auraient pu bénéficier d’une remise en liberté mais restent derrière les barreaux car ils n’ont pas pu verser leur caution.

La municipalité a déjà mis en place plusieurs mesures pour réduire la population carcérale, notamment grâce à un programme de liberté surveillée, alternative au paiement d’une caution pour les personnes d’origine modeste.