Daesh : Un mandat d'arrêt émis par la justice française contre le chef Abou Bakr al-Baghdadi

TERRORISME Un mandat d'arrêt international a aussi été émis contre Abou Mohammed al-Adnani, ancien porte-parole, présumé mort, de l'organisation

20 Minutes avec AFP

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Capture d'écran d'une vidéo de propagande d'une interview donnée par Abou Bakr al-Baghdadi, chef de file de l'organisation état islamique, publiée en avril 2019.
Capture d'écran d'une vidéo de propagande d'une interview donnée par Abou Bakr al-Baghdadi, chef de file de l'organisation état islamique, publiée en avril 2019. — /AP/SIPA

La justice française a émis un mandat d’arrêt international contre Abou Bakr al-Baghdadi, calife autoproclamé de l'organisation Etat islamique (EI), et contre Abou Mohammed al-Adnani, ancien porte-parole, présumé mort, de l’organisation, a-t-on appris ce vendredi de source judiciaire.

Ces mandats d’arrêt ont été délivrés par des juges d’instruction dans le cadre d’une information judiciaire ouverte le 8 octobre par le parquet national antiterroriste (PNAT) pour « direction ou organisation d’association de malfaiteurs terroriste criminelle », a précisé cette source. Daesh a revendiqué plusieurs attentats commis en France depuis 2015, dont ceux du 13-Novembre​, qui ont fait 130 morts et plus de 350 blessés à Paris et Saint-Denis.

Une enquête distincte

Un collectif d’avocates de victimes des attentats du 13-Novembre avait réclamé fin août aux juges d’instruction chargés des investigations qu’un mandat d’arrêt soit lancé contre le chef de l’EI, estimant qu’il était « a minima complice » de ces attaques, selon France Inter. Mais l’opportunité d’émettre un tel mandat a fait l’objet de débats dans le monde judiciaire, alors que les chances de voir les responsables de l’organisation Etat islamique effectivement remis à la justice française sont minimes.

La justice a finalement décidé d’ouvrir une enquête distincte de celle du 13-Novembre, qui touche à sa fin, pour examiner la responsabilité des deux dirigeants de Daesh dans la vague d’attentats djihadistes qui a touché la France depuis 2015.

Une résurgence de l’organisation

Proclamé en 2014 par Abou Bakr al-Baghdadi sur de vastes territoires en Irak et en Syrie, le « califat » a été déclaré éradiqué le 23 mars, mais le chaos sécuritaire de la région fait craindre une résurgence de l’organisation.

La dernière apparition du calife al-Baghdadi remonte à une vidéo de propagande du 29 avril où il appelle ses partisans à continuer le combat, un peu plus d’une semaine après des attentats meurtriers au Sri-Lanka revendiqués par le groupe. Le chef de l’EI, qui y apparaissait pour la première fois depuis cinq ans, avait promis que son organisation « se vengerait » pour ses membres tués et que le combat contre l’Occident était « une longue bataille ».

Abou Mohammed al-Adnani, ancien porte-parole officiel de l’EI et responsable de ses opérations extérieures, est pour sa part présumé mort : selon plusieurs sources, il a été tué le 30 août 2016 près d’Al Bab, dans le nord-ouest de la Syrie à l’occasion d’un bombardement aérien.