Procès Balkany : Le maire de Levallois condamné à cinq ans d'emprisonnement pour « blanchiment »

PROCÈS Patrick Balkany a été reconnu coupable de « blanchiment » par le tribunal correctionnel de Paris et relaxé du chef de « corruption »

Vincent Vantighem

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Paris, le 13 mai 2019. Patrick Balkany lors de son procès pour
Paris, le 13 mai 2019. Patrick Balkany lors de son procès pour — STRINGER / AFP
  • Déjà condamné à 4 ans de prison ferme pour « fraude fiscale », Patrick Balkany a été condamné, ce vendredi, pour « blanchiment ».
  • Le tribunal correctionnel de Paris l’a sanctionné d’une peine de cinq ans d'emprisonnement mais l'a relaxé pour le chef de « corruption ».
  • En prison depuis le 13 septembre, le maire (LR) de Levallois-Perret a déposé une demande de mise en liberté qui sera examinée, mardi prochain.

Cette semaine encore, un surveillant de la prison de la Santé (Paris, 14e arrondissement) confiait à 20 Minutes que Patrick Balkany purgeait sa peine « pépère ». A tel point qu’il n’a pas voulu être extrait de sa cellule, ce vendredi, pour faire face à la meute de journalistes qui l’attendait. C’est donc soutenue par son fils, Alexandre, qu’ Isabelle Balkany a écouté le jugement de la 32e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

Et comme le 13 septembre dernier, il a été sévère. Estimant que « de tels faits [de « blanchiment de fraude fiscale »] sont intolérables parce qu’ils ont été commis par des personnes élues au suffrage universel », le tribunal a prononcé une peine de cinq ans de prison ferme et de dix ans d’inéligibilité à l’encontre de Patrick Balkany.

Son épouse et première adjointe, Isabelle, écope, elle, d’une peine de quatre ans de prison et également de dix ans d’inéligibilité. Elle est toutefois ressortie libre en raison de son état de santé. Ou plutôt « en raison de l’état de santé communiqué au tribunal au mois de juin », a précisé Benjamin Blanchet, le président de la 32e chambre, laissant entendre qu’elle semblait aller bien mieux aujourd’hui…

L’existence d’un « pacte de corruption » n’a pas été prouvée

Si elle a tangué à la barre lors de l’énoncé du jugement et demandé à pouvoir s’asseoir, la première adjointe à la mairie de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) avait retrouvé de la vigueur dans la salle des pas perdus, au moment de commenter la décision. « Comme nous l’avons toujours dit et comme cela a été confirmé officiellement aujourd’hui, il n’y a pas un centime d’argent public. C’est uniquement notre patrimoine familial. Et il n’y a pas de corruption ! »

Revenant longuement sur ce volet du dossier, le président Blanchet avait, en effet, annoncé un peu plus tôt dans le prétoire que l’ensemble des prévenus étaient relaxés du chef « de corruption », « l’existence d’un pacte » entre le baron des Hauts-de-Seine et le magnat saoudien Mohamed Al-Jaber n’étant pas prouvé.

Les travaux d’embellissement des villas ont été fatals aux Balkany

Ne reste donc au final que les infractions de « blanchiment » et de « fraude fiscale ». Mais vu l’ardoise - un patrimoine dissimulé estimé à 13.006.052 millions d’euros, un manque à gagner de 4 millions d’euros pour le fisc - le tribunal n’a pas été tendre. Considérant que les Balkany étaient bien les propriétaires de la villa Pamplemousse aux Antilles et du riad de Marrakech, notamment « en raison des travaux d’embellissement de ces lieux » qu’ils ont commandés, ils ont été lourdement tancés.

« Les infractions de blanchiment ont gravement porté atteinte à l’ordre économique et ont privé l’état de sommes importantes. Au surplus, elles ont aggravé la déchirure du pacte républicain et ce, quand bien même, nul argent public n’a été détourné », indique ainsi le jugement dont 20 Minutes a pris connaissance.

Tous les biens immobiliers sont confisqués

Et comme s’il fallait que les Balkany payent par là où ils ont pêché, le tribunal a également ordonné la confiscation de tous leurs biens immobiliers : le riad de Marrakech, le moulin de Giverny (Eure) où ils vivent aujourd’hui. Et même le montant de la vente de la villa Pamplemousse dont ils ont bénéficié voilà quelques années : 1.367.000 euros tout de même. Et puis, l’ensemble des cinq prévenus sont condamnés à verser solidairement un million d’euros de dommages et intérêts à l’État, partie civile dans ce dossier. Soit 600.000 euros rien que pour la famille Balkany, le fils Alexandre étant également concerné par la procédure.

Pierre-Olivier Sur, l’avocat d’Isabelle Balkany, a d’ores et déjà indiqué qu’il formait un appel de ce jugement. Quant à Patrick Balkany, il doit attendre avec impatience la date de mardi qui verra se demande de remise en liberté examinée par la cour d’appel de Paris. L’appel étant suspensif, il a laissé entendre, via son épouse, qu’il comptait bien se représenter à la mairie de Levallois-Perret en mars 2020.

Revivez cette audience en direct sur le compte Twitter de notre journaliste :  @vvantighem