Pollution au chlordécone en Guadeloupe : Deux ans de prison avec sursis requis contre Lucette Michaux-Chevry

PROCES L'ancienne ministre de Jacques Chirac et présidente du conseil régional de la Guadeloupe est poursuivie pour non respect du code de l'environnement et de la santé et favoritisme

S.A. avec AFP

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Lucette Michaux-Chevry, en avril 2016.
Lucette Michaux-Chevry, en avril 2016. — Hélène Valenzuela / AFP

Deux ans de prison avec sursis ont été requis jeudi après-midi au tribunal correctionnel de Basse-Terre, en Guadeloupe, à l’encontre de Lucette Michaux-Chevry, ancienne ministre de Jacques Chirac et ancienne présidente de la Communauté d'agglomération du Sud Basse-Terre, poursuivie pour non-respect du code de l’environnement et de la santé et favoritisme.

Le procureur de la République de Basse-Terre Jean-Luc Lennon a également requis une peine d’inéligibilité obligatoire, de suppression de « droits civiques, civils et familiaux » durant cinq ans, une amende de 45.000 euros et l’interdiction d’exercer une fonction publique à titre définitif. « Le degré de civilisation d’une société se mesure à deux choses : la gestion de ses déchets et de l’eau », a-t-il déclaré lors de son réquisitoire, rapporte Guadeloupe 1ère. « Ce qui relève de la responsabilité des élus est lamentablement traité », a-t-il ajouté.

Le dossier « est vide », a réagi Me Gérard Plumasseau, l’un des avocats de Lucette Michaux-Chevry, à la sortie de l’audience. « La démonstration que nous avons faite est suffisamment précise et claire pour faire la preuve que non seulement ce procès est aberrant mais qu’il n’aurait jamais dû voir le jour », a-t-il ajouté.

Décision le 19 novembre

Lucette Michaux-Chevry, 90 ans, était jugée pour n’avoir pas contrôlé la production et distribution d’eau en zone polluée par la chlordécone, une eau tirée d’un captage illégal de surcroît, pour pollution de l’environnement en raison d’un défaut d’équipement d’assainissement, et pour une affaire de favoritisme dans l’attribution d’un marché public relatif au transport. Convoquée une première fois en juin dernier, en raison d’ennuis de santé de Lucette Michaux-Chevry, la justice avait reporté l’audience.

Lucette Michaux-Chevry avait annoncé son retrait définitif de la vie politique le 30 janvier dernier. La décision du tribunal a été mise en délibéré au 19 novembre.