Procès Balkany pour corruption : C’est le jour du jugement dernier pour Patrick et Isabelle Balkany

PROCÈS Déjà condamnés pour « fraude fiscale », Patrick et Isabelle Balkany vont être fixés sur leur sort dans le volet « corruption » et « blanchiment ». L'ancien maire de Levallois a refusé de quitter la prison de la Santé pour assister au jugement

Vincent Vantighem

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Paris, le 13 septembre. Patrick et Isabelle Balkany arrivent au tribunal correctionnel de Paris pour connaître le jugement dans le volet «fraude fiscale».
Paris, le 13 septembre. Patrick et Isabelle Balkany arrivent au tribunal correctionnel de Paris pour connaître le jugement dans le volet «fraude fiscale». — Thomas SAMSON / AFP
  • Le tribunal de Paris va rendre son jugement à l’encontre des Balkany dans le volet « corruption ».
  • Lors de l’audience, une peine de sept ans de prison ferme avait été requise contre le maire (LR) de Levallois-Perret.
  • En prison depuis un mois, Patrick Balkany verra sa demande de mise en liberté examinée mardi.

Cela fait plus d’un mois qu’il dort dans ce qu’on appelle le « quartier des vulnérables » de la prison de la Santé, à Paris. Mais Patrick Balkany est « pépère », selon une source pénitentiaire. « Il se comporte correctement. Il ne sort jamais en promenade. Il bouge uniquement pour se rendre au parloir afin de voir sa femme ou son fils. On est dans une détention classique. » A tel point que les autres prisonniers l’ont déjà affublé d’un surnom : « papa ». Comme s’ils avaient compris qu’il était là pour un moment…

Déjà condamné à quatre ans de prison ferme pour « fraude fiscale » le 13 septembre, le maire (LR) de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) ne va d'ailleurs pas assister en tant que détenu, ce vendredi, le jugement du tribunal correctionnel de Paris dans le volet « blanchiment » et « corruption » de son épais dossier judiciaire. Selon des sources syndicales confirmant une information de BFM, Patrick Balkany a refusé de quitter la prison de la Santé pour se rendre au tribunal vendredi matin. Il suivra donc devant sa télévision ce moment à haut risque : lors de l’audience, le parquet national financier a requis à son encontre une peine de sept ans de prison ferme et la confiscation de tous ses biens.

Patrick Balkany a choisi de « se servir lui-même »

Ironisant sur la conclusion du livre Une autre vérité, la mienne, dans laquelle Patrick Balkany écrivait avoir « choisi d’être maire (…) afin de servir les autres », le premier vice-procureur Serge Roques avait indiqué, lors du procès, qu’il avait surtout choisi de « se servir lui-même », ajoutant qu’une « corruption de cette ampleur n’est autre que la dénégation de la démocratie locale ! »

Avec son épouse Isabelle, Patrick Balkany est soupçonné d’avoir caché au fisc un patrimoine évalué à 13.006.052 euros, notamment dans deux demeures à Saint-Martin (Antilles) et à Marrakech (Maroc). Si Isabelle a reconnu du bout des lèvres avoir acquis la villa Pamplemousse grâce à un héritage familial, les époux ont toujours nié détenir le riad de Marrakech estimé à cinq millions d’euros. Et cela en dépit du fait que les enquêteurs y ont retrouvé des peignoirs brodés « P. B. », des livres dédicacés de l’édile et des meubles commandés par son épouse.

Pour l’accusation, Balkany s’est fait offrir le riad

Dans son premier jugement rendu le 13 septembre, le tribunal a pourtant estimé que les Balkany auraient dû déclarer ce riad marocain aux impôts, considérant donc qu’il était bien leur propriété. De quoi caractériser l’infraction de « blanchiment » qui leur est reprochée.

Celle de « corruption » est plus sujette à caution. Pour l’accusation, Patrick Balkany s’est fait offrir la villa marocaine par le milliardaire saoudien Mohamed al-Jaber en échange de délais de paiements pour le projet des Tours de Levallois. Mais le juteux projet immobilier n’a jamais abouti. Et le maire et l’homme d’affaires ont tout deux farouchement nié avoir conclu le moindre « pacte de corruption ».

Isabelle Balkany « inquiète » à l’idée de perdre son moulin

Quoi qu’il en soit, le maire de Levallois-Perret dormira en prison ce vendredi soir. S’il a déjà fait appel de sa première condamnation et fera sans doute de même en cas de seconde, sa demande de remise en liberté ne sera examinée que mardi prochain. Car Patrick Balkany compte bien sortir de sa cellule et obtenir un nouveau procès pour faire établir son innocence. Et surtout lui permettre de se représenter, à 71 ans, aux élections municipales dans cette ville des Hauts-de-Seine qu’il a dirigée plus de trente ans.

En son absence, c’est son épouse Isabelle qui a repris les rênes de la ville dans une ambiance électrique. Condamnée à de la prison avec sursis en raison de son état de santé, elle est, selon un de ses proches, aujourd’hui « inquiète » à l’idée que son mari reste en détention mais aussi que tous ses biens soient confisqués par la justice. Y compris le moulin de Cossy à Giverny (Eure) comptant 11 chambres, 9 salles de bains et une piscine dans lequel elle vit actuellement.