Procès de la mère de Séréna : Une peine de « pas moins de dix ans de prison » requise en appel contre la mère du « bébé du coffre »

PROCES L’avocat général a requis une peine d’au moins dix ans de prison contre Rosa da Cruz, la mère de la petite Séréna découverte en grand défaut de soins, dans le coffre de l’accusée

E.P. avec AFP

— 

Rosa Da Cruz avait été condamnée à cinq ans de prison dont trois avec sursis en première instance.
Rosa Da Cruz avait été condamnée à cinq ans de prison dont trois avec sursis en première instance. — GEORGES GOBET / AFP
  • En appel, l’avocat général a requis une peine d’au moins dix ans de prison contre la mère de Séréna, cette petite retrouvée en carences de soins dans un coffre de voiture.
  • Une peine supérieure à celle prononcée en première instance : cinq ans de prison dont trois avec sursis.
  • Le tribunal va devoir délibérer après la plaidoirie de la défense.

Les réquisitions au terme du procès en appel de Rosa Da Cruz jugée depuis le 7 octobre pour dissimulation d’enfant et carences de soins sont tombées ce mercredi. Une peine de « pas moins de dix ans » d’emprisonnement a été requise contre la mère de Séréna, le bébé dit « du coffre » resté caché et confiné pendant 23 mois, au prix d’infirmités aujourd’hui permanentes.

« Parce que Séréna est détruite, vous ne pouvez pas la [sa mère] laisser repartir avec un blanc-seing », a déclaré l’avocat général Claude Derens à la Cour d’assises d’appel de Haute-Vienne, l’invitant à sanctionner « plus lourdement » qu’en première instance, en novembre 2018 à Brive. Rosa da Cruz, 51 ans, qui comparaît à Limoges détenue, avait alors été condamnée à cinq ans de prison dont trois avec sursis.

Une peine de huit ans de prison avait alors été requise par le parquet. Le parquet général avait par la suite fait appel, et Rosa da Cruz avait elle aussi ensuite fait appel, en particulier de la déchéance « totale » d’autorité parentale prononcée.

« Aucun signe en faveur d’une déresponsabilisation »

« Je suis, au nom de la société (…) davantage sensibilisé par l’enfant sauvage que par celui qui l’a rendu sauvage », a lancé mercredi l’avocat général, en convoquant dans son réquisitoire la référence à Victor de l’Aveyron, du film L’Enfant sauvage de François Truffaut (1970). « Est-ce que (l’accusée) peut oblitérer le fait qu’il y a une petite infirme définitivement emmurée dans son silence ? », a poursuivi Claude Derens, constatant que l’infirmité permanente de Séréna est le résultat direct d’un « enfermement constant, organisé (…) dans des conditions qui dépassent l’entendement » pendant ses 23 premiers mois.

« Cet enfermement, c’est la violence superlative », a-t-il résumé, estimant que le procès en appel, en huit jours d’audience, n’a fait apparaître « aucun signe en faveur d’une déresponsabilisation » de Rosa da Cruz. Il a pointé des « stratégies d’évitement », des « dérobades », un « mode de défense » qui « se retranche derrière son impossibilité à nommer les choses ».

Me Chrystèle Chassage-Delpech, avocate de Rosa da Cruz, a commencé sa plaidoirie en assurant que comme en première instance à Tulle, elle plaiderait l’acquittement.