Attentat raté de Notre-Dame : Les deux principales accusées condamnées à 25 et 30 ans de réclusion

PROCES Les djihadistes Ornella Gilligmann et Inès Madani ont été condamnées ce lundi soir par la cour spéciale des assises

20 Minutes avec AFP

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Inès Madani (à gauche) et Ornella Gilligmann (à droite) encourent la réclusion criminelle à perpétuité.
Inès Madani (à gauche) et Ornella Gilligmann (à droite) encourent la réclusion criminelle à perpétuité. — Benoit PEYRUCQ / AFP

Le verdict est tombé après plus de dix heures de délibéré. Les djihadistes Ornella Gilligmann et Inès Madani, qui avaient tenté de faire exploser une voiture près de Notre-Dame en septembre 2016, ont été condamnées ce lundi soir par la cour spéciale d’assises de Paris à 25 ans et 30 ans de réclusion criminelle. Sarah Hervouët, qui avait porté quatre jours plus tard un coup de couteau à un policier en civil de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a, elle, été condamnée à 20 ans de réclusion. Toutes les trois encouraient la perpétuité. Ces condamnations suivent les réquisitions du parquet.

Ornella Gilligmann, une mère de trois enfants, est tombée en larmes dans le box à l’énoncé du verdict. Inès Madani est, elle, restée assez impassible. Des peines allant de quatre ans de réclusion criminelle à la perpétuité avaient été requises contre les huit accusés de ce procès, jugés pendant deux semaines devant la cour d’assises spéciale de Paris.

Influence de Rachid Kassim

Aujourd’hui âgées de 22 à 42 ans, les accusées sont soupçonnées d’avoir voulu lancer des attaques terroristes, en suivant les consignes de Rachid Kassim, propagandiste de Daesh et inspirateur quelques semaines plus tôt de l’assassinat d’un policier et de sa femme à Magnanville (Yvelines).

Inès Madani et Ornella Gilligmann ont tenté de faire exploser une voiture remplie de bonbonnes de gaz dans la nuit du 3 au 4 septembre 2016, devant des restaurants situés près de Notre-Dame de Paris, en tentant de l’incendier avec du gasoil. Seul le choix de ce carburant, difficile à enflammer, a permis d’éviter l’explosion.

Après l’échec de cet attentat, Inès Madani s’était retranchée dans l’appartement d’Amel Sakaou, à Boussy-Saint-Antoine (Essonne), sur les conseils de Rachid Kassim. Toutes deux avaient été rejointes par Sarah Hervouët, originaire du sud de la France, guidée elle aussi par le djihadiste.

« Le pire des comportements »

Se sachant traquées, les trois jeunes femmes avaient quitté précipitamment leur appartement le 8 septembre, armées de couteaux de cuisine. Sur le parking, Sarah Hervouët avait porté un coup de couteau à un policier en civil de la DGSI. Inès Madani avait pour sa part couru vers un policier, qui l’avait blessée par balles aux jambes.

Samia Chalel, accusée d’avoir aidé Inès Madani à trouver un point de chute après l’attentat raté, a elle été condamnée à cinq ans de prison, dont un an avec sursis avec mise à l’épreuve. La jeune femme, qui encourait 30 ans de réclusion, a été la seule à accueillir ce verdict avec le sourire.

« J’ai eu le pire des comportements », a déclaré lundi matin Inès Madani, cheveux réunis en chignon. « Je n’avais que des projets de morts à l’époque. Aujourd’hui, j’ai des projets de vie », a-t-elle poursuivi. « Je demande pardon et je demanderai pardon toute ma vie à tous ceux qui ont été victimes du terrorisme », a dit Ornella Gilligmann, confiant d’une voix émue sa « honte ».

Le « bras armé de Daesh » en France

Ces cinq femmes ont été « le bras armé » en France du groupe Etat islamique, a souligné l’un des deux avocats généraux lors des réquisitions. « Elles étaient animées » par une « volonté de tuer » et ont fait preuve d’une « détermination sans faille ».

Décrite comme « isolée » et en pleine « crise identitaire », Inès Madani avait rencontré Ornella Gilligmann sur Internet au printemps 2016. La jeune femme se faisait alors passer pour un homme, appelé « Abou Jounayb », dont Ornella Gilligmann était tombée amoureuse.

Rachid Kassim, qui serait mort en Irak en 2017, a été condamné par défaut à la perpétuité. Mohamed Aberouz, qui devait se marier avec Sarah Hervouët et qui était jugé pour « non-dénonciation de crime », a lui reçu une peine de trois ans de prison. Il est par ailleurs mis en examen dans le dossier de Magnanville. Inès Madani avait déjà été condamnée en avril à huit ans de prison pour des faits plus anciens, qui avaient révélé son rôle de mentor auprès d’aspirants djihadistes.