Bouches-du-Rhône : Perpétuité requise contre les cousins Tir pour le meurtre d’un membre d'un clan rival à Marseille

REGLEMENT DE COMPTES L’avocat général de la Cour d’assises des Bouches-du-Rhône a requis la perpétuité à l’encontre de trois accusés, soupçonnés d’être à l’origine du meurtre de Zakary Remadnia à Marseille

20 Minutes avec AFP

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La cour d'assises d'Aix-en-Provence doit rendre son verdict à la fin de la semaine dans le procès du meurtre de Zakary Remadnia.
La cour d'assises d'Aix-en-Provence doit rendre son verdict à la fin de la semaine dans le procès du meurtre de Zakary Remadnia. — Adrien Max / 20 Minutes
  • L’avocat général de la Cour d’assises des Bouches-du-Rhône a requis la réclusion criminelle à perpétuité ou au minimum 30 ans de réclusion contre Eddy Tir, Hichem Tir et Sofiane Agueni.
  • Ils sont accusés d’être à l’origine de la mort de Zakary Remadnia en juillet 2014, membre d’un clan avec qui ils se disputent le contrôle de point de reventes de stupéfiants.

De très lourdes peines, dont la perpétuité, ont été requises jeudi devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône au procès du meurtre de Zakary Remadnia, un épisode selon les enquêteurs d’une guerre entre deux clans familiaux marseillais, sur fond de trafic de drogue.

Face à un dossier où « les éléments matériels sont très minimes », voire proche du « néant, avec aucun ADN, aucune image de vidéosurveillance, aucun témoignage visuel », l’avocat général Christophe Raffin a pourtant requis la réclusion criminelle à perpétuité ou au minimum 30 ans de réclusion avec une période de sûreté, contre les trois principaux accusés, Eddy Tir, Hichem Tir et Sofiane Agueni.

Enième épisode d’une haine familiale

Eddy Tir, 28 ans, alias « Brabus » ou « Barabas », est accusé d’avoir été le « donneur d’ordre » du meurtre de Zakary Remadnia, alias « L’Etudiant », depuis la cellule de Luynes, près d’Aix-en-Provence, où il était incarcéré à l’époque.

Selon les enquêteurs, ce drame serait le énième épisode d’une haine familiale entre les Berrebouh et les Tir d’un côté, les Remadnia de l’autre, des cousins issus de la même région dans les Aurès et maintenant en lutte pour le contrôle du trafic de drogue dans des cités des quartiers Nord de Marseille.

Cette mort serait la réponse à celles de Mehdi Berrebouh trois mois plus tôt à Marseille, et de Karim Tir, alors manageur du rappeur Jul, un mois auparavant en banlieue parisienne. Depuis le mois de mars, Eddy Tir est déjà définitivement condamné à 20 ans de prison pour le meurtre d’un camarade de cité de 17 ans.

Une femme parmi les accusés

Un oncle d’Eddy, Hichem Tir, 34 ans, alias « Le Parisien » et détenu actuellement pour trafic de stupéfiants, est lui accusé d’avoir été l’organisateur de ce meurtre. Quant à Sofiane Agueni, 32 ans, alias « Banane », il est soupçonné d’être l’un des deux hommes cagoulés qui ont criblé la victime de 23 balles, le 18 juillet 2014.

L’avocat général a aussi requis des peines de 13 ans de réclusion criminelle contre Tahar Ben Makri, « l’intermédiaire » d’Agueni, et 5 ans de prison contre Mouloud-Karim Chettabi, 28 ans, poursuivis pour association de malfaiteurs.

Christophe Raffin a en revanche autorisé les jurés à « ne pas condamner » les deux derniers accusés, Eddy Dahmani, 30 ans, alias « Pastèque », et Sihem Sahraoui, 33 ans, tous deux poursuivis pour association de malfaiteurs. Seule femme parmi les accusées, l’ancienne compagne d’Hichem Tir était accusée d’avoir donné le « go » à ce règlement de comptes en signalant l’heure à laquelle Zakary Remadnia avait quitté son domicile, quelques minutes avant de se faire tuer, ainsi que le modèle et la couleur de son scooter.