Nice: Mis en cause dans l'affaire Geneviève Legay, le procureur de la République est bien muté à Lyon

RETROGRADATION Il est notamment reproché à Jean-Michel Prêtre d’avoir confié l’enquête au service directement impliqué dans l’opération de maintien de l’ordre le jour de la chute de la manifestante

20 Minutes avec AFP

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Le procureur de la République de Nice Jean-Michel Prêtre
Le procureur de la République de Nice Jean-Michel Prêtre — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

Le décret est paru ce mercredi au Journal officiel. Jean-Michel Prêtre, le procureur de Nice mis en cause dans l’affaire Geneviève Legay, a été nommé avocat général près la cour d’appel de Lyon. Cette mutation apparaît comme une rétrogradation puisque le magistrat ne sera plus à la tête d’un parquet, mais soumis aux ordres d’un procureur général.

Jean-Michel Prêtre a été mis en cause sur sa gestion de l’enquête sur les violences subies par Geneviève Legay, depuis dépaysée à Lyon. Il lui est notamment reproché d’avoir confié les investigations à la Sûreté départementale, pourtant directement impliquée dans l’opération de maintien de l’ordre le jour de la chute de cette manifestante de 73 ans lors d’une charge de police contre un rassemblement interdit de «gilets jaunes» à Nice.

Il « n’avait pas voulu mettre le chef de l’Etat dans l’embarras »

Ses déclarations après la manifestation ont aussi posé problème. Lors d’une conférence de presse, le procureur avait affirmé que la septuagénaire n’avait « pas été touchée par les forces de sécurité », avant de reconnaître l’inverse quelques jours plus tard.

Il s’est justifié, selon Le Monde, en disant qu’il « n’avait pas voulu mettre le chef de l'Etat dans l'embarras avec des divergences trop importantes entre les versions ». Le président Macron avait assuré, dans Nice-Matin, que « cette dame n’a [vait] pas été en contact avec les forces de l’ordre ».

L’attitude de ce procureur a été pointée du doigt aussi par les juges d’instruction niçois chargés de l’enquête, toujours en cours, sur les éventuelles failles de sécurité le soir de l’attentat de Nice le 14 juillet 2016.