Gard : Un policier jugé pour avoir tué son ex-compagne avec son arme de service

JUSTICE Le procès débute ce jeudi devant la cour d'assises du Gard

N.B. avec AFP

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Le tribunal de Nîmes (illustration).
Le tribunal de Nîmes (illustration). — N. Bonzom / Maxele Presse

Un policier, âgé de 38 ans, doit être jugé ces jeudi et vendredi devant la cour d'assises du Gard pour avoir assassiné son ex-compagne. Le 27 février 2016, le trentenaire s’était présenté au commissariat d’Alès, accompagné de son fils de deux ans, en affirmant avoir tué son la jeune femme, avec son arme de service.

Selon l’enquête menée par les policiers, l’homme aurait agi devant les yeux du petit garçon, après avoir harcelé et menacé la jeune éducatrice de 24 ans pendant des mois.

Trois balles dans la tête

Sur un rond-point situé près d’un centre commercial d’Alès, les policiers avaient trouvé son corps sans vie, allongé sur le siège de son véhicule, dont la vitre était brisée. Selon l’autopsie, la jeune mère serait morte de trois balles dans la tête tirées à courte distance.

Une automobiliste qui se trouvait derrière la voiture de la victime a expliqué aux enquêteurs avoir vu un véhicule doubler toute la file, puis bloquer celui de la jeune femme. Selon ce témoin, un homme en serait alors descendu puis aurait tiré immédiatement sur la vitre de la conductrice, sans qu’aucun mot n’ait été prononcé. Le tireur serait ensuite revenu vers le véhicule pour en extraire un enfant, à l’arrière.

Un récépissé de dépôt de plainte dans la voiture

Dans la voiture de la victime, les enquêteurs avaient trouvé un récépissé de dépôt de plainte contre l’accusé, datée du 19 février, soit un peu plus d’une semaine avant le meurtre, pour des appels téléphoniques malveillants. Ils ont également découvert que la jeune femme, après avoir avoué à plusieurs personnes de son entourage avoir peur pour sa vie, avait souscrit, un mois avant d’être abattue, un contrat de prévoyance « protection familiale ».

L’enquête démontre que la jeune femme a été victime de multiples violences de la part de son ex-compagnon, qui la harcelait, notamment depuis leur rupture, en octobre 2014. Selon les enquêteurs, l’homme se présentait ainsi au domicile de son ex-compagne à toute heure, la suivait, y compris sur son lieu de travail, et se montrait particulièrement menaçant s’il découvrait qu’elle avait un nouveau compagnon. Le policier avait appelé la jeune femme à près de 1.700 reprises au cours des deux mois précédant sa mort.

« Sous le coup de la colère »

L’accusé a contesté ces violences et s’est souvent posé en victime. Il nie également toute préméditation de son geste, arguant que, le jour des faits, il a croisé par hasard son ex-compagne avant de passer à l’acte subitement « sous le coup de la colère » car il n’avait « pas supporté » qu’elle ait un nouvel homme dans sa vie.

Pour le juge d’instruction, la préméditation est caractérisée par plusieurs éléments. Lorsque l’homme croise la victime en voiture, « il la suit pendant plus de 15 minutes avant de passer à l’acte avec une arme déjà prête à l’usage, puisque la première cartouche était chambrée et sans un seul échange de mot », démontre l’enquête.

L’accusé est passible de la réclusion criminelle à perpétuité. Le verdict est attendu vendredi soir. Mais les avocats de la défense, qui n’ont pu être joints par l’AFP, ont déposé une demande de renvoi qui sera examinée ce jeudi, devant les assises : ils contestent notamment le fait que le procès ne soit prévu que sur deux jours.