Camille Halut, observatrice de la Ligue des droits de l'homme.
Camille Halut, observatrice de la Ligue des droits de l'homme. — N. Bonzom / Maxele Presse

JUSTICE

« Gilets jaunes » à Montpellier : L’observatrice de la Ligue des droits de l’homme a été relaxée

La procureure avait requis une peine de 150 euros à son encontre

Camille Halut a été relaxée par le tribunal correctionnel de Montpellier, ce jeudi matin. Cette militante de la Ligue des droits de l’homme était poursuivie pour « entrave à la circulation » lors d’une manifestation de « gilets jaunes » où elle menait une mission d’observatrice.

Dans son jugement jeudi, le président Philippe Tremblay a déclaré que « sur le fond, le tribunal s’interroge de l’entière procédure », ajoutant que les policiers avaient recherché une infraction a posteriori, alors que la prévenue était déjà identifiée. « Votre présence n’a rien changé à la situation, qui était déjà bloquée », a-t-il dit à la jeune femme, qui était la seule poursuivie alors que quelque 300 personnes avaient bloqué l’autoroute A709, près de Montpellier, le 6 avril dernier. « Vous n’avez commis aucun acte hors de votre mission d’observation », a-t-il conclu.

« Museler » les observateurs

Ce jour-là, les manifestants étaient descendus sur les voies, paralysant le trafic pendant plusieurs dizaines de minutes. Siglée Ligue des droits de l’homme, la jeune femme, qui a déjà permis plusieurs signalements à la police des polices, avait suivi le groupe, afin de poursuivre ses observations des interventions des forces de l’ordre.

Ce que l’on veut, avait martelé lors de l’audience Michel Tubiana, l’un de ses deux avocats, c’est « museler » les observateurs. L’ancien président de l’association y voyait même une tentative « d’intimidation ». « On veut signifier partout : “Méfiez-vous, si vous faites ce rôle d’observateur, vous ne serez pas que frappés ou insultés, mais aussi condamnés” », a-t-il assuré. « On veut réduire Camille Halut au silence, on considère que la police doit avoir les mains libres », avait souligné à 20 Minutes à la sortie du procès son confrère Alain Ottan, qui parlait d’une « affaire test ».