Affaire Sophie Le Tan : « Si notre requête aboutit, l’échiquier de la procédure sera remis en cause », estime un des avocats de Jean-Marc Reiser

JUSTICE Les avocats de Jean-Marc Reiser, le meurtrier présumé de Sophie Le Tan, attendent beaucoup de la cour d'appel de Colmar

Thibaut Gagnepain

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Les proches de Sophie Le Tan et leur avocat Maître Gérard Welzer. Strasbourg le 3 juillet 2019.
Les proches de Sophie Le Tan et leur avocat Maître Gérard Welzer. Strasbourg le 3 juillet 2019. — G. Varela / 20 Minutes
  • Semaine peut-être décisive dans l’affaire Sophie Le Tan, du nom de l’étudiante disparue à Schiltigheim en septembre 2018.
  • Ce jeudi, la chambre d’instruction de la cour d’appel de Colmar examine la requête en nullité déposée par les avocats du principal suspect, Jean-Marc Reiser. Ils estiment que l’expert judiciaire qui a saisi des objets chez leur client a « outrepassé ses missions ».
  • Si leur requête aboutit, de nombreuses preuves trouvées chez Jean-Marc Reiser pourraient être annulées. Et l’affaire Le Tan prendrait alors un jour nouveau…

L’affaire Sophie Le Tan, du nom de cette jeune fille de 20 ans disparue en septembre 2018 à Schiltigheim, se joue peut-être ce jeudi. La chambre d’instruction de la cour d’appel de Colmar  examine, à partir de 11 h, la requête en nullité déposée par les avocats du meurtrier présumé de l’étudiante, Jean-Marc Reiser.

« Deux ordonnances de fin 2018 du juge d’instruction sont particulièrement visées, détaille Pierre Giuriato, l’un des conseils de principal suspect. Juridiquement, les missions dévolues à l’expert judiciaire doivent être limitées. Il avait l’autorisation de faire des prélèvements dans l’appartement et dans la cave de notre client. Mais à aucun moment de saisir des objets. »

Comme tous ceux mis sous scellés le 15 novembre ou cette scie découverte dans la cave de Jean-Marc Reiser le 8 janvier. Scie sur laquelle la police scientifique avait ensuite découvert des traces d’ADN de la victime.

« L’expert a outrepassé ses missions »

« Nous avons demandé que cette mission de l’expert soit requalifiée en opération de perquisition et saisie », reprend Pierre Giuriato, qui pointe ainsi l’absence de son client le jour des découvertes. « Une personne, même mise en examen, doit être présente. Ou, à défaut, des personnes qui le représentent ou des témoins. Ce n’était pas le cas », constate-t-il.

Selon l’avocat  strasbourgeois, « l’expert a outrepassé ses missions. Il y a des règles de procédures pénales à respecter et quand ce n’est pas le cas et que cause un grief, ça peut être annulé. » D’où la requête en nullité déposée en septembre par la défense qui espère voir tous les preuves saisies être annulés.

« Notre requête a des chances »

La chambre d’instruction de la cour d'appel de Colmar écoutera les deux parties et l’affaire devrait être mise en délibéré. « Notre requête a des chances, insiste Pierre Giuriato. Si elle aboutit, l’échiquier de cette procédure serait remis en cause. On n’en est pas là mais il y aurait beaucoup moins d’éléments à charge. Il resterait des investigations téléphoniques et des témoignages. »

Une hypothèse à laquelle Gérard Welzer, l’avocat de la victime, ne veut pas croire. « C’est une manœuvre de diversion, on verra ça devant la cour. On va tout faire pour que ce soit rejeté », avait-il réagi la semaine dernière. Vendredi, la juge d’instruction Eliette Roux interrogera pour la troisième fois Jean-Marc Reiser.