Convention de la droite : Le parquet de Paris ouvre une enquête après les propos de Zemmour sur l’immigration et l’islam

INVESTIGATIONS « Tous nos problèmes aggravés par l’immigration sont aggravés par l’islam », avait notamment déclaré Éric Zemmour

20 Minutes avec AFP

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Eric Zemmour à Nice, en juin 2016.
Eric Zemmour à Nice, en juin 2016. — BEBERT BRUNO/SIPA

Après les propos d’Eric Zemmour sur l’immigration et l’islam, lors de la « Convention de la droite » samedi, le parquet de Paris a annoncé l’ouverture une enquête pour « injures publiques » et « provocation publique à la discrimination, la haine ou la violence ».

L’enquête a été ouverte pour « injures publiques en raison de l’origine ou de l’appartenance ou de la non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée » et « provocation publique à la discrimination, la haine ou la violence, à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou non appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ». Les investigations ont été confiées à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).

La théorie du « grand remplacement »

Invité samedi à la « Convention de la droite », organisée à Paris par les proches de l’ancienne députée d’extrême droite, Marion Maréchal, Eric Zemmour a prononcé un discours, retransmis en direct par  LCI. Dans cette intervention virulente, le chroniqueur s’en est pris, entre autres, aux immigrés « colonisateurs » et à « l’islamisation de la rue ». « Tous nos problèmes aggravés par l’immigration sont aggravés par l’islam », avait notamment affirmé le polémiste Éric Zemmour, lors de cette réunion.

Celui qui a été condamné récemment pour provocation à la haine religieuse a également cité l’écrivain Renaud Camus, théoricien du « grand remplacement » de la population blanche et chrétienne par une population immigrée musulmane, et ironisé sur les tenues de la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, « sommet de la distinction française ».

LCI a reconnu une « erreur d’appréciation »

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) avait indiqué avoir reçu « près de 400 » saisines​ liées à cette diffusion. Ces déclarations ont suscité un tollé, jusqu’au sein du gouvernement, le Premier ministre en personne, Édouard Philippe, condamnant des discours « nauséabonds et profondément contraires à l’idée que nous nous faisons de la France et de la République ».

LCI a reconnu de son côté une « erreur d’appréciation ». « La diffusion du discours dans l’état n’était pas le format approprié pour notre chaîne », a indiqué dimanche la direction de la chaîne du groupe TF1 dans un communiqué. « Il y a bien eu contradiction et déconstruction des propos d’Éric Zemmour, mais c’était après-coup ».