Affaire Tariq Ramadan: L’enquête élargie à deux nouveaux soupçons de viols

VIOL Les enquêteurs de la brigade criminelle ont recueilli deux nouveaux témoignages mettant en cause l'islamologue. Les faits dénoncés se seraient produits en 2015 et 2016, à Paris

20 Minutes avec AFP

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L'islamologue Tariq Ramadan. (archives)
L'islamologue Tariq Ramadan. (archives) — UGO AMEZ/SIPA

L’enquête visant l’islamologue suisse Tariq Ramadan, mis en examen pour des viols qu’il conteste, a été élargie à deux faits survenus à Paris en 2015 et 2016, a-t-on appris dimanche de sources concordantes, confirmant une information du Journal du Dimanche (JDD). La saisine porte sur des témoignages recueillis par les policiers de la brigade criminelle auprès de deux femmes, identifiées sur des documents retrouvés dans les ordinateurs de l’intellectuel musulman, a précisé une source proche du dossier.

Ces deux femmes, qui n’ont pas porté plainte, assurent avoir été entraînées dans une relation sexuelle brutale par l’intellectuel musulman. Toutes deux ont évoqué une « emprise ». « Je lui demandais d’être plus doux, mais il me disait « c’est de ta faute, tu le mérites » (…) et qu’il fallait obéir, ce que j’ai fait », a rapporté l’une de ces femmes. « C’est d’un autre ordre qu’un viol physique, cela va au-delà (…) il y a un viol moral », a expliqué la seconde. « Il a une telle emprise sur vous qu’on fait tout ce qu’il nous demande (…). Mais cette relation a été consentie, oui », a-t-elle précisé.

En pleine contre-attaque médiatique

Figure longtemps influente, mais controversée, de l’islam européen, Tariq Ramadan, 57 ans, est mis en examen depuis février 2018 pour le viol de deux femmes en France, en 2009 et 2012. L’intellectuel musulman, qui a passé près de dix mois en détention provisoire avant d’être remis en liberté en novembre, a d’abord nié tout rapport sexuel avec ces femmes avant d’évoquer des « relations consenties ».

Deux autres plaintes pour « viol » ont été déposées, en mars 2018 et juillet 2019, et font l’objet d’investigations. Tariq Ramadan est par ailleurs accusé de viol par une femme en Suisse. L’élargissement de l’enquête sur ces nouveaux soupçons de viols intervient alors que Tariq Ramadan a engagé mi-septembre une contre-offensive médiatique, avec la publication d’un livre (Devoir de vérité), qui dénonce un « traquenard » et dément toute « emprise » sur ses partenaires sexuelles.