Dix mois de prison ferme requis à l'encontre de Dieudonné

TRIBUNAL Le polémiste était jugé avec sa compagne pour injure raciale 

20 Minutes avec AFP

— 

Dieudonné (Archives)
Dieudonné (Archives) — M.Libert/20 Minutes

Dieudonné était jugé avec sa compagne pour injure raciale. Et le parquet de Paris a requis, mercredi, dix mois de prison ferme à l’encontre du polémiste, poursuivi pour complicité d’injure à caractère racial après la publication sur Internet en juin 2017 d’une vidéo et d’une chanson intitulées « C’est mon choaaa… ».

La procureure a souligné le caractère manifestement antisémite de la chanson incriminée, dans laquelle « le barbecue renvoie aux fours crématoires (…) en tournant en dérision la Shoah ».

Dieudonné nie être le chanteur et l’auteur de la chanson

A la barre du tribunal correctionnel, Dieudonné M’Bala M'Bala a nié être le chanteur et l’auteur de cette chanson, écrite selon lui par un détenu dans le cadre d’un « atelier de chanson potache » dispensé en prison, et interprétée par un imitateur « de Joe Dassin ».

Face aux différentes associations antiracistes, parties civiles, le polémiste de 53 ans a estimé que ces organisations, « minoritaires » face à ceux qui « rient » de ses provocations, cherchaient à le « faire taire » en l’excluant du débat public. Avant de s’éclipser, refusant ainsi de répondre à leurs conseils ou au procureur.

« Une dérobade » pour les avocats des parties civiles

Les avocats des parties civiles ont dénoncé une « dérobade », tandis qu’à la barre Marc Knobel, président de l’association « J’accuse » et fils de déporté juif, s’est désolé que Dieudonné « vienne à nouveau cracher sur les tombes de ceux qui ont souffert ».

Dans sa plaidoirie, Alain Jakubowicz, avocat de la Licra, a dénoncé « l’obsession des juifs (…) de ce génie de la communication », un ancien « compagnon de route » de l’association dans les années 1990.

Jugement le 27 novembre

Contre la compagne de Dieudonné, Noémie Montagne, absente, la procureure a requis 20.000 euros d’amende pour injure publique à caractère racial, car étant – selon les plateformes numériques — la propriétaire des comptes sur lesquels ont été publiées la chanson et la vidéo.

Dieudonné était également jugé pour appel illicite aux dons, ayant publié un message en amorce de la vidéo appelant à la partager « en masse (…) afin de lui permettre de payer son amende ». L’avocate du polémiste, Isabelle Coutant-Peyre, a avancé l’argument de la liberté d’expression en défense de ses clients.

Le jugement est attendu le 27 novembre.