Pau : A son procès, il nie avoir eu l’intention de tuer la jeune femme, enceinte de 8 mois

JUSTICE Le procès du quadragénaire accusé du viol et du meurtre d’une jeune femme enceinte au Pays basque a lieu jusqu’à vendredi devant la Cour d’Assises de Pau…

20 Minutes avec AFP

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Le procès d'un quadragénaire pour le viol et le meurtre d'une femme enceinte s'ouvre à partir de ce lundi devant la cour d'Assises de Pau.
Le procès d'un quadragénaire pour le viol et le meurtre d'une femme enceinte s'ouvre à partir de ce lundi devant la cour d'Assises de Pau. — CHEVALIN CHRISTOPHE/TF1/SIPA
  • Le quadragénaire jugé à Pau pour le viol et le meurtre d’une jeune femme enceinte nie avoir eu l’intention de lui donner la mort.
  • Mû par « une pulsion sexuelle », il assure qu’il pensait que la jeune femme était encore vivante après son départ de la maison dans laquelle il était entré par effraction.
  • Les médecins contredisent cette version, avançant qu’il y a eu un bâillon asphyxiant mais aussi une strangulation manuelle.

L’accusé jugé devant la cour d’Assises de Pau pour le viol et le meurtre d’une jeune femme de 23 ans, enceinte de 8 mois, s’est défendu, ce mardi, d’avoir eu l’intention de lui donner la mort.

D’un ton froid et comme détaché, Cédric Bernasconi, 40 ans, avait raconté la veille comment, il y a deux ans, il avait pénétré dans une maison du Pays basque où Mélodie Massé, enceinte de huit mois, se reposait avant son accouchement. Entré dans l’idée de cambrioler, il avait soudain été pris d’une « pulsion sexuelle », avait-il confié à la barre, n’épargnant aucun détail sur les multiples viols.

Les médecins contredisent sa version

Pour l’empêcher de se débattre, raconte cet homme diagnostiqué schizophrène, il lui ligote les mains et les pieds avec le linge du bébé à naître trouvé dans une chambre. Il lui enfonce une culotte dans la bouche. « Je lui ai dit « tu vas t’évanouir ». Je regrette que ça ait été aussi loin. Mon intention n’était pas de lui ôter la vie. Je voulais juste qu’elle s’évanouisse ».

Mais en détaillant la scène du crime, le Dr Didier Charrel, qui a fait les premières constatations, souligne la présence d’un « tissu en coton maculé de sang » très profondément enfoncé dans la gorge. « Comment expliquez-vous que le degré d’enfoncement du tissu dans la gorge était tel qu’elle ne pouvait respirer ? », demande la présidente. « Je ne l’ai pas enfoncé profondément », maintient l’accusé, qui estime que la culotte aurait pu s’enfoncer au moment où elle a essayé de respirer.

Une hypothèse balayée par le médecin légiste Jean Hiquet qui a pratiqué l’autopsie. La jeune élève infirmière qui s’est « beaucoup débattue », dit-il, est décédée des suites « d’un syndrome asphyxique » provoqué par deux mécanismes associés : « L’obstruction complète des voies respiratoires par un tissu profondément enfoncé dans la bouche et une manœuvre de strangulation manuelle ». « Je ne pensais pas avoir laissé une victime morte à l’intérieur. J’étais persuadé qu’elle était encore vivante », persiste l’accusé.

« On essaye de survivre »

Les proches de Mélodie Massé n’ont pas assisté à ces débats difficiles. A tour de rôle mardi matin, ils étaient venus raconter la personnalité de « Mélo », « douce et bienveillante », « toujours souriante ». « Après tout ça, on reste en vie, on essaye de survivre mais il n’y a plus de moment de bonheur », a témoigné Olivier Espagne qui a perdu sa compagne et sa petite fille à naître.

Le jour du drame, « on était allés à l’hôpital pour des examens pour la césarienne. On était content, on était déjà fou amoureux de notre fille », confie le jeune homme qui avait évoqué cette grossesse inattendue.

C’est lui qui découvre le corps de sa compagne. En voyant le « désordre inhabituel dans la chambre », il pense d’abord qu’elle est partie en urgence à la maternité. Mais les affaires du bébé préparées sont toujours dans le placard. Il dit son sentiment de culpabilité : « Si j’étais rentré plus tôt du surf… »

La cour doit entendre mercredi des experts sur l’état psychiatrique de l’accusé, un homme qui vivait en marge de la société et que le maire d’Anglet, près de Biarritz, avait tenté de faire interner. Au cours de l’instruction, le rapport d’expertise psychiatrique avait conclu à une « altération du discernement » au moment des faits mais pas à son abolition, ce qui le rendait apte à comparaître.