Strasbourg : Treize « zadistes » jugés pour avoir construit une cabane sur le chantier du GCO

PROCES Les treize activistes anti-CGO jugés ce mercredi à Strasbourg pour « vol en réunion » risquent jusqu’à sept ans de prison

Nils Wilcke

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L'entrée de la Zad de Kolbsheim, en septembre 2018.
L'entrée de la Zad de Kolbsheim, en septembre 2018. — G.Varela/20 Minutes
  • Treize « zadistes », engagées contre le Grand contournement ouest (GCO), sont jugés mercredi à Strasbourg pour avoir construit une cabane sur un chantier dans le Bas-Rhin le 20 avril dernier.
  • Le groupe revendique un « coup médiatique » pour « attirer l’attention » sur leurs revendications environnementales.
  • Ils encourent jusqu’à sept ans de prison, une peine « disproportionnée », selon l’un de leurs avocats.

Treize « zadistes », engagées contre le Grand contournement ouest (GCO) sont jugés mercredi 25 septembre à Strasbourg pour « vol en réunion » après une action qui date du samedi 20 avril. Ce jour-là, un groupe d’une trentaine d’activistes construisent une cabane sur une butte à proximité des travaux, à Pfettisheim, dans le Bas-Rhin, en déplaçant du matériel de chantier. L’action est filmée par leurs soins et partagée sur les réseaux sociaux avec le slogan « Zad partout ».

« C’était un coup médiatique pour attirer l’attention sur nos revendications environnementales », indique à 20 Minutes un membre du groupe. Dans le détail, deux femmes et onze hommes, âgés de 20 à 30 ans, passeront demain devant le tribunal correctionnel de Strasbourg. Les activistes sont ensuite délogés par les gendarmes au cours d’une expulsion jugée « violente ». Treize d’entre eux, restés sur place, sont placés en garde à vue pendant 48 heures.

« De nombreuses dégradations sur nos chantiers »

Ils en ressortent avec une convocation devant le tribunal correctionnel de Strasbourg pour « vol » avec deux circonstances aggravantes : « commis en réunion » et des « dégradations », indique l’un des trois avocats des prévenus, Me Florence Dole. Ils risquent jusqu’à sept ans de prison pour ces faits. Une peine « disproportionnée » pour l’avocate. « C’est énorme pour une opération purement pacifiste », observe cette dernière. « Nous n’avons rien volé, c’est hallucinant de risquer de la prison pour un acte non-violent en faveur de la lutte pour l’environnement », abonde Colin, l’un des prévenus, appelé à comparaître demain devant le tribunal.

Deux militants sont également accusés de « violences » envers des personnes dépositaires de l’autorité publique. Une version contestée par les prévenus, qui affirment avoir été délogés de façon « brutale » par les gendarmes, selon Me Florence Dole. Sollicitée par 20 Minutes, la société Arcos, concessionnaire du groupe Vinci, fait une autre lecture des évènements. « Nous faisons face à de multiples incursions et dégradations sur nos chantiers, il est normal que nous poursuivions en justice », indique leur chargé de communication, Jean-Luc Fournier.

Les activistes comptent se servir du procès pour « montrer qu’ils n’ont pas commis de délits » et alerter sur l’urgence du réchauffement climatique. Une stratégie de communication déjà utilisée par les « décrocheurs » de portraits d’Emmanuel Macron, jugés pour les mêmes motifs et relaxés par le tribunal de Strasbourg le 26 juin dernier. Un rassemblement de soutien est prévu devant le tribunal à 8h demain.