Recel d’œuvres de Picasso : Un « magnifique cadeau », le couple ne change pas de version

JUSTICE Pierre et Danielle Le Guennec repassent une troisième fois devant la justice, après avoir obtenu en cassation l’annulation de leur deuxième condamnation à de la prison avec sursis

20 Minutes avec AFP

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L'ex-électricien de Picasso, Pierre Le Guennec et sa femme au tribunal de Grasse, le 10 février 2015
L'ex-électricien de Picasso, Pierre Le Guennec et sa femme au tribunal de Grasse, le 10 février 2015 — Valery Hache AFP
  • Le couple a gardé le secret sur « ce magnifique cadeau » pendant près de 40 ans.
  • Les œuvres avaient refait surface lorsque Pierre Le Guennec s’était présenté au fils de l’artiste, Claude Ruiz-Picasso afin d’en faire authentifier une partie, dont un carnet de 91 esquisses, le tout datant de 1900 à 1932.
  • Les héritiers avaient aussitôt porté plainte.

Ils gardent la même version. L’ex-électricien de Pablo Picasso et son épouse ont soutenu mardi devant la cour d’appel de Lyon que les 271 œuvres de l’artiste en leur possession étaient « un magnifique cadeau » de la veuve de l’artiste.

Si c’était à refaire ? « Je referais pareil », a assuré Pierre Le Guennec, ancien artisan, 80 ans, tout dévoué à « Madame », comme il appelle Jacqueline, la dernière épouse de Picasso. Sa femme Danielle Le Guennec, 76 ans, a pour sa part entretenu « 15 ans de fidélité » avec la veuve de Picasso, qui lui « téléphonait deux fois par jour ».

Dessins, lithographies, collages

Déjà condamné à deux reprises pour le recel de ces œuvres (dessins, lithographies, collages…), le couple assure désormais, après avoir soutenu en première instance que le don avait été fait du vivant de Picasso et avec l’accord de ce dernier, que les œuvres leur ont été remises après la mort de Picasso.

Un changement de version « pour nos enfants, pour qu’ils n’aient pas d’ennuis », s’est justifiée Danielle Le Guennec, en fauteuil roulant. « Madame m’a demandé de mettre chez moi des choses » au moment où la veuve était en litige avec les héritiers du peintre, a déclaré à la barre son mari. Plus tard, Jacqueline lui aurait demandé de les lui rendre, sauf un pour lequel elle aurait dit « Gardez-le, c’est pour vous », selon lui.

« Un secret qu’on gardait dans notre cœur »

Le couple a gardé le secret sur « ce magnifique cadeau » pendant près de 40 ans. « C’était peut-être un secret qu’on gardait dans notre cœur, c’était à nous », a ajouté la septuagénaire.

Les œuvres avaient refait surface lorsque Pierre Le Guennec s’était présenté au fils de l’artiste, Claude Ruiz-Picasso afin d’en faire authentifier une partie, dont un carnet de 91 esquisses, le tout datant de 1900 à 1932. Les héritiers avaient aussitôt porté plainte. « Si j’avais été intéressé, je serais allé voir un expert ou une galerie pour les vendre », a dit Pierre Le Guennec, assurant ne pas savoir « ce que ça vaut ».