Procès à Pau pour le viol et le meurtre d’une femme enceinte : « Mon cerveau a vrillé, j’ai eu une pulsion sexuelle »

COUR D'ASSISES Ce lundi, l’homme accusé du meurtre et du viol d’une jeune étudiante infirmière de 23 ans, enceinte de huit mois, s’est expliqué devant la cour d’assises de Pau

20 Minutes avec AFP

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Le tribunalde Pau, dans les Pyrénées Atlantiques.
Le tribunalde Pau, dans les Pyrénées Atlantiques. — C. Allain / 20 Minutes
  • Un quadragénaire est jugé depuis lundi devant la cour d’assises de Pau pour le viol et le meurtre d’une jeune femme de 23 ans, enceinte de huit mois.
  • Diagnostiqué schizophrène mais jugé apte à comparaître, il a raconté le récit de cette journée.
  • Le maire d’Anglet avait tenté de le faire interner d’office, en vain.

L’accusé, Cédric Bernasconi, diagnostiqué schizophrène mais estimé apte à comparaître devant la cour d’assises de Pau pour y répondre du  meurtre d'une jeune femme de 23 ans, enceinte de huit mois, s’est exprimé devant le tribunal ce lundi. « Mon cerveau a vrillé, j’ai eu une pulsion sexuelle », explique ce marginal de 40 ans au lourd passé psychiatrique.

La cour d’assises des Pyrénées-Atlantiques juge toute la semaine cet homme accusé du meurtre de Mélodie Massé il y a deux ans, au domicile de sa mère, au Pays basque, où elle était partie se reposer avant son accouchement. Après avoir demandé « pardon » à la famille de la victime, l’homme aux cheveux noirs et au teint blême a raconté le déroulement de ce 13 septembre 2017.

L’accusé ne prenait plus ses médicaments

Diagnostiqué schizophrène, il a à cette époque arrêté ses antipsychotiques et n’a plus aucune interaction sociale. Sans domicile fixe, il fume du cannabis, vit de petits larcins qui lui vaudront un séjour en prison.

Après l’achat d’une pizza, il part à bord d’un fourgon volé à la « recherche d’un coin pour s’isoler » et s’arrête dans un bois pour y « ramasser des châtaignes ». « Je ne sais pas pourquoi, mon attention a été retenue par cette maison aux volets fermés », raconte-t-il froidement, tandis que les proches de la victime quittent la salle d’audience.

Il pense alors y dérober quelques biens, force la fenêtre de la salle de bain et entend la voix d’une jeune femme. « J’ai cru qu’elle était accompagnée puis j’ai compris qu’elle parlait au téléphone. Mon cerveau a vrillé, j’ai eu une pulsion sexuelle ».

Un récit détaillé

L’accusé n’épargne aucun détail : le linge dérobé dans la chambre pour mieux la ligoter et la bâillonner, les dernières paroles de la jeune femme, la lutte, les coups répétés et violents au visage, le sang, les viols. Il erre ensuite sur les lieux, dérobe des photos d’identité de la victime, son portable et « se permet une pause-café » avant de fuir.

Dans la matinée, il avait raconté son enfance « heureuse » en Suisse aux côtés de ses parents et de son frère, les parties de pêche, mais aussi les abus sexuels de ses oncles dont il dit avoir été victime.

« C’était un enfant gai » et « espiègle » jusqu’au décès de son père, confie sa mère. « Son sourire est parti avec lui. Il avait onze ans, il s’est alors renfermé sur lui-même, il est devenu taciturne », balbutie la dame aux cheveux blancs. A l’adolescence, raconte-t-elle, le corps secoué de tremblements, « il a commencé à avoir des problèmes de comportements, il me faisait peur. Le médecin a dit qu’il souffrait de schizophrénie ».

Sous curatelle

S’enchaînent les multiples séjours en hôpital psychiatrique. En Haute-Savoie puis au Pays basque où sa mère s’installe. « J’ai gardé Cédric avec moi jusqu’à ce que je voie qu’il recommençait à parler tout seul. Je lui ai trouvé un appartement. J’ai demandé une curatelle (…) j’étais fatiguée ». Entre Biarritz et Bayonne, à Anglet où il a élu domicile, il menace des voisins et le maire tente de le faire interner d’office, en vain.

« Je ne comprends pas comment un médecin psychiatre ne s’est pas rendu compte et ne l’a pas fait interner. J’ai moi-même demandé de l’aide. C’est horrible, je demande pardon, il n’y a rien d’autre à dire », souffle la mère en larmes.

L’examen de l’état mental de l’accusé et de son parcours psychiatrique devraient être au cœur des prochains jours du procès prévu toute la semaine. Au cours de l’instruction, le rapport d’expertise psychiatrique avait conclu à une « altération du discernement » au moment des faits mais pas à son abolition, ce qui le rendait apte à comparaître.