Rennes : Faute d’avocat, le procès des militaires de Saint-Cyr renvoyé

JUSTICE Un sous-lieutenant était mort noyé lors d'un exercice d'intégration en pleine nuit

Camille Allain

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Une salle d'audience du tribunal correctionnel de Rennes.
Une salle d'audience du tribunal correctionnel de Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • Sept militaires sont poursuivis pour homicide involontaire après la mort par noyade d’un élève de l’école de Saint-Cyr, dans le Morbihan.
  • Le procès, qui devait se tenir à Rennes cette semaine, a été renvoyé au 9 décembre.
  • En liquidation judiciaire, l’avocat de la famille a dû renoncer à les défendre. Le nouveau conseil a demandé un délai pour préparer le dossier.

Le procès des sept militaires de l'école de Saint-Cyr, à Coëtquidan ( Morbihan), a été renvoyé par le tribunal de Rennes ce lundi matin. L’avocat de la famille de Jallal Hami, mort noyé lors d’un exercice de bizutage en 2012, a demandé le renvoi de l’affaire, lui qui a découvert le dossier il y a quelques jours.

L’avocat des parties civiles, en liquidation judiciaire, avait renoncé à défendre la famille du défunt il y a quinze jours. « Ils sont effondrés, déçus. Cela fait sept ans qu'ils attendent des réponses, c'est une éternité. Mais il ne serait pas sérieux d’absorber un dossier aussi volumineux en quelques jours », a expliqué le conseil Jean-Guillaume Le Mintier à l’issue du renvoi. Le procès, qui doit durer cinq jours, devrait se tenir du 9 au 13 décembre.

Sept militaires y seront jugés après la mort d’un sous-lieutenant en octobre 2012. Jallal Hami avait participé à une soirée de « bahutage », un bizutage censé transmettre « des traditions » de l’école militaire Saint-Cyr, qui forme les officiers de l’armée française. La victime avait dû traverser un étang à la nage en pleine nuit dans une eau à 9 degrés. Jallal Hami n’a jamais terminé la traversée et avait été retrouvé mort noyé près de la berge. « Il y aura un combat juridique à mener. Les débats seront certainement âpres, car les prévenus contestent les faits. La complexité, c’est que ce dossier se trouve à la fois sur le domaine militaire et sur le domaine pénal », poursuit Me Le Mintier.

« Les personnes mises en cause portent encore l’uniforme »

Dans son réquisitoire en janvier 2018, le parquet de Rennes avait pointé les « piètres dispositions » de sécurité alors que la nage commando « est interdite de nuit », évoquant « l’aveuglement » des élèves officiers organisateurs de la soirée. Deux officiers sont également poursuivis.

« Ce qui est difficile pour la famille, c’est que les personnes mises en cause portent encore l’uniforme », conclut l’avocat de la partie civile.