Illustration d'élèves de Saint-Cyr lors d'un défilé militaire.
Illustration d'élèves de Saint-Cyr lors d'un défilé militaire. — LIONEL BONAVENTURE / AFP

JUSTICE

Rennes : Sept militaires jugés en correctionnelle après la noyade d’un élève à Saint-Cyr

Le sous-lieutenant Jallal Hami était mort noyé en octobre 2012 lors d'une soirée d'intégration

  • Sept militaires sont jugés à partir de ce lundi devant le tribunal correctionnel de Rennes pour homicide involontaire.
  • Un élève de Saint-Cyr était mort noyé en octobre 2012 lors d’un exercice d’intégration.
  • Pour l’association de défense des droits des militaires, il s’agit d’un « bizutage » qui a mal tourné.

Une soirée d’intégration qui avait tourné au drame. Sept ans après le décès d’un élève officier à Saint-Cyr-Coëtquidan dans le Morbihan, sept militaires vont être jugés pour homicide involontaire à partir de lundi devant le tribunal correctionnel de Rennes. En octobre 2012, le sous-lieutenant Jallal Hami, âgé de 24 ans, avait participé à une soirée de « bahutage », visant à transmettre les traditions de ce prestigieux établissement qui forme les officiers de l’armée française.

Ayant pour thème le débarquement des Alliés en Provence de 1944, l’atelier était organisé par des élèves de 2e année à l’intention des nouveaux incorporés. Ces derniers devaient franchir un étang à la nage, de nuit, sur une cinquantaine de mètres et sans avoir pied pendant une partie de la traversée, avec casques et bottes de combat, dans une eau à 9 °C.

Beaucoup d’élèves en difficultés

Se jetant à l’eau tous en même temps, alors que résonnait la Walkyrie de Wagner, de nombreux élèves s’étaient vite trouvés en difficulté, buvant la tasse, s’agrippant les uns aux autres dans un « embouteillage de nageurs ». Des bouées avaient alors été lancées par les organisateurs pour extirper des élèves. Mais Jallal Hami était signalé manquant peu après minuit. Les pompiers, prévenus seulement une heure plus tard, avaient finalement repéré le cadavre du jeune homme, sportif aguerri mais nageur médiocre, près de la berge à 2h35.

« Si regrettable soit la disparition de ce valeureux garçon, élève officier brillant et prometteur, il n’y a pas, me semble-t-il, de faute caractérisée de nature à entraîner la condamnation », estime Me Lionel Béthune de Moro, avocat d’un ancien élève officier, qui encourt trois ans de prison et 45.000 euros d’amende.

L’école déjà endeuillée par la mort de deux élèves en 2004

Mais pour l’association de défense des droits des militaires, qui s’est constituée partie civile, il s’agissait bien « d'un bizutage », selon son président Jacques Bessy. « Les élèves n’étaient pas habilités à faire un exercice de franchissement, il n’y avait pas de moyens réglementaires, ce n’est pas acceptable ! », ajoute-t-il, s’interrogeant sur les leçons tirées du drame par Saint-Cyr.

L’école avait déjà été endeuillée en 2004 par la mort de deux élèves officiers lors d’un exercice en montagne. En 2007, deux officiers du Centre d’instruction et d’entraînement au combat en montagne (CIECM) qui encadraient ces élèves avaient été condamnés à des peines de prison avec sursis.