Pau : Un marginal jugé aux assises pour le viol et le meurtre d’une femme enceinte

JUSTICE A partir de ce lundi, un quadragénaire est jugé pour le viol et le meurtre d’une jeune élève infirmière de 23 ans, enceinte de huit mois, le 13 septembre 2017

20 Minutes avec AFP

— 

Le procès d'un quadragénaire pour le viol et le meurtre d'une femme enceinte s'ouvre à partir de ce lundi devant la cour d'Assises de Pau.
Le procès d'un quadragénaire pour le viol et le meurtre d'une femme enceinte s'ouvre à partir de ce lundi devant la cour d'Assises de Pau. — CHEVALIN CHRISTOPHE/TF1/SIPA
  • Le procès de l’homme accusé du meurtre et du viol d’une jeune femme enceinte de 8 mois le 13 septembre 2017 s’ouvre ce lundi aux assises de Pau.
  • La jeune femme se reposait seule dans la maison familiale d’Ustaritz quand son agresseur y a fait irruption pour un cambriolage, lui infligeant de nombreux sévices.
  • L’accusé, au lourd passé psychiatrique, encourt la prison à perpétuité.

Deux ans après les faits extrêmement violents qui avaient secoué le Pays basque, la cour d’assises de Pau juge à partir de lundi un marginal au lourd passé psychiatrique. Il est accusé du meurtre d’une élève infirmière de 23 ans enceinte de huit mois, frappée, violée puis asphyxiée en septembre 2017. 

La personnalité et l'état mental de l'accusé Cédric Bernasconi, 40 ans devrait être au cœur du procès. Celui-ci pourrait d’ailleurs se tenir à huis clos car, pour éviter de porter à la connaissance du public le calvaire de la victime, les parties civiles ont demandé la non-publicité des débats.

De nombreux sévices

Le 13 septembre 2017, Mélodie Massé, élève infirmière à Talence, en Gironde, passe quelques jours au domicile de sa mère, à Ustaritz, pour s’y reposer avant son accouchement. Elle est seule lorsqu’un inconnu fait irruption dans la maison. A son retour, son compagnon découvre le corps dénudé de la jeune femme, ensanglanté et ligoté au lit.

L’autopsie révèle les sévices infligés à la jeune femme, frappée à de multiples reprises au visage, violée et asphyxiée par un bâillon dans la bouche. L’enfant à naître n’a pas survécu non plus.

L’ADN retrouvé sur la scène de crime permet aux enquêteurs de remonter la trace d’un suspect : Cédric Bernasconi, connu de la justice pour des faits de vol et de dégradation, et inscrit au Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG). Quelques jours plus tard, il est interpellé à Boucau, juste au nord de Bayonne, au volant d’un fourgon volé, au terme d’une course-poursuite avec les gendarmes.

Un accusé en proie à des troubles psychologiques

L’homme, originaire de Haute-Savoie et installé depuis huit ans dans la région, passe rapidement aux aveux, ne nie aucun des faits qui lui sont reprochés et se livre avec un étonnant détachement : il s’est introduit dans ce pavillon dans le but d’y commettre un cambriolage. A la vue de la jeune femme, il dit avoir été pris « d’une envie ». Après le meurtre, racontera-t-il aux enquêteurs, il reste un peu, se fait un café et boit un whisky.

Les témoignages recueillis au fil de l’enquête dessinent le profil d’un homme déséquilibré, aux traits marqués par la rue et en proie à de sévères troubles psychologiques. Par le passé, il a fait l’objet de plusieurs hospitalisations. Entre Bayonne et Biarritz, dans la commune d’Anglet, où le marginal placé sous curatelle renforcée vivotait, de nombreux riverains s’étaient plaints de son comportement. Le maire Claude Olive avait même tenté de le faire interner d’office, en vain.

Au cours de l’instruction, le rapport d’expertise psychiatrique a conclu à une « altération du discernement » au moment des faits, mais pas à son abolition. En d’autres termes, Cédric Bernasconi peut répondre de ses actes devant la justice : meurtre et viol d’une personne vulnérable, et récidive de vol par ruse dans un local d’habitation.

Le procès doit s’achever vendredi et l’accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité.