Aisne : Trois ans de prison ferme pour un chauffard impliqué dans la mort de deux fillettes

JUSTICE Le tribunal de Laon a condamné, le 21 novembre 2019, à cinq ans de prison, dont trois ferme, un conducteur de Maserati impliqué dans un accident de la route mortel

G.D. avec AFP

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le tribunal de Laon, dans l'Aisne.
le tribunal de Laon, dans l'Aisne. — Google Maps

Mise à jour le 27 novembre: Le prévenu a été condamné, le 21 novembre, à cinq ans de prison, dont trois ferme, par le tribunal correctionnel de Laon. Cette condamnation pour homicide involontaire et blessures involontaires est assortie d'un mandat de dépôt immédiat et d'une interdiction de repasser le permis de conduire durant 5 ans.

Le conducteur a demandé « pardon » à la barre. Deux ans de prison ferme ont été requis par le procureur à l’encontre d’un chauffard, dans un procès qui se tenait, jeudi, à Laon, dans l’Aisne. Il y a un an et demi, un accident de la route avait coûté la vie à deux fillettes et blessé un nourrisson et leur mère.

« Il a tout fait pour essayer de ne pas assumer sa responsabilité, a estimé le procureur, Baptiste Porcher. On a beau faire des campagnes de prévention, il y aura toujours une frange de conducteurs qui considèrent que la vie des autres ne les concerne pas. »

Rejet des excuses par la victime

Ce dernier a réclamé 4 ans de prison dont deux ans avec sursis, avec mandat de dépôt, contre ce chef d’entreprise poursuivi pour « homicide involontaire » et « blessures involontaires ». La décision a été mise en délibéré au 21 novembre.

« Je voulais dire que j’étais bouleversé par ce qui s’est passé. Tous les jours, à chaque instant, j’y pense », a déclaré le prévenu de 48 ans, très ému à l’audience. « J’ose demander pardon, mais je sais qu’on ne me pardonnera jamais. »

Nadia Karmel, la mère des deux fillettes de trois ans et 26 mois et du nourrisson, a rejeté ces excuses. « Il a eu un an et demi pour les formuler », a souligné la jeune femme. « Il ne nous a même pas regardés, ni moi, ni ma famille en disant cela. Il n’a pas non plus présenté ses condoléances. »

« Je ne me souviens de rien »

Aux questions du tribunal sur les circonstances ayant provoqué la collision, le 3 avril 2018 sur une route départementale de l’Aisne reliant Laon à Reims, le prévenu a répondu par des phrases courtes, à peine audible. « Je ne me souviens de rien, je ne sais pas ce qui s’est passé », s’est-il contenté d’affirmer.

Le prévenu avait déjà commis 9 infractions au Code de la route, et subi deux suspensions de permis pour excès de vitesse. Au moment des faits, il disposait toutefois de tous ses points.